La République démocratique du Congo vient de bénéficier d’un important appui financier de l’Union européenne dans le secteur énergétique. Une enveloppe de 15 millions d’euros a été accordée à la fenêtre-pays du programme ElectriFI, officiellement lancé mardi 19 mai 2026, à Kinshasa en présence du ministre de l’Énergie et des Ressources hydrauliques, Sakombi Molendo.
À travers ce financement, l’Union européenne entend soutenir des projets énergétiques innovants capables d’améliorer l’accès à l’électricité dans plusieurs zones du pays. Le gouvernement congolais considère cette initiative comme un signal de confiance envers les réformes engagées dans le secteur de l’énergie.
Lors de la cérémonie, le ministre Sakombi Molendo a affirmé que "ce programme représente une opportunité majeure pour attirer davantage d’investissements privés dans les solutions énergétiques locales, notamment les énergies renouvelables et les projets de proximité à fort impact Social", a-t-il déclaré.
L’électricité au cœur de la transformation économique
Le gouvernement congolais veut faire du secteur énergétique un moteur de développement économique. Selon le ministre de l’Énergie, cette stratégie s’inscrit dans la vision du Président Félix Tshisekedi visant à utiliser l’électricité comme levier d’industrialisation et de croissance.
Malgré son immense potentiel hydroélectrique, la RDC reste parmi les pays les moins électrifiés du continent. Des études menées avec la Banque mondiale évaluent désormais ce potentiel à 167 000 mégawatts, un chiffre qui place le pays parmi les plus riches d’Afrique en ressources énergétiques.
Le défi principal demeure toutefois la mobilisation des financements pour transformer ce potentiel en projets concrets. ElectriFI se positionne justement comme un mécanisme destiné à attirer les capitaux privés afin de réduire le déficit énergétique national.
Des projets ciblés pour augmenter l’accès à l’énergie
Le programme ElectriFI fonctionne à travers des “fenêtres-pays”, des dispositifs développés conjointement par l’Union européenne et les gouvernements partenaires pour soutenir les marchés des énergies renouvelables et élargir l’accès à l’électricité. Plusieurs pays africains, dont le Nigeria, la Zambie et la Côte d’Ivoire, bénéficient déjà de ce mécanisme.
En RDC, cette initiative s’aligne sur le Compact énergétique national qui vise un taux d’accès à l’électricité de 62 % d’ici 2030. Les autorités misent particulièrement sur des projets structurants capables de stimuler l’économie locale et de créer des emplois.
Il est important de préciser que, parmi les zones prioritaires figurent notamment le corridor Lobito, le corridor vert Kivu-Kinshasa ainsi que les paysages de l’Upemba, Virunga, Yangambi et Salonga. À travers ce financement, Kinshasa se doit d'accélérer l’électrification du pays et renforcer son ambition de devenir un hub énergétique régional.
Céleste Z