Plusieurs organisations de la société civile réunies samedi 16 mai 2026 à Kinshasa ont dénoncé la montée des menaces, intimidations et arrestations visant les défenseurs des droits humains, les journalistes et les activistes en République démocratique du Congo.
Dans un communiqué publié à l’issue d’une rencontre organisée dans le cadre de la Campagne pour la paix et la cohésion nationale, ces organisations affirment constater une réduction progressive de l’espace civique et de la liberté d’expression dans le pays.
Les signataires dénoncent notamment « l’exacerbation de l’intolérance politique » marquée, selon eux, par des intimidations contre les acteurs de la société civile, les mouvements citoyens et les citoyens critiques de la gouvernance actuelle.

Le communiqué condamne particulièrement les menaces visant Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), ainsi que les pressions dénoncées par Dieudonné Lossa contre les acteurs de la société civile en Ituri.
Les organisations accusent le gouverneur militaire de l’Ituri, Johnny Luboya Nkashama, d’acharnement contre certains défenseurs des droits humains ayant dénoncé l’insécurité persistante et les tueries de civils attribuées au groupe armé CODECO.
Sur la longue liste de cas évoqués figure également celui de Divine Mwaluke Kandolo, journaliste du média Authentik.cd et activiste de la DSDP, arrêtée depuis le 24 mars 2026 alors qu’elle assurait la couverture médiatique d’une manifestation de l’opposition Lamuka au rond-point Ngaba à Kinshasa. La presse congolaise et plusieurs organisations de la société civile continuent de réclamer des précisions sur cette affaire, mais aussi sur d’autres cas concernant des membres de la DSDP introuvables depuis plusieurs mois.
La société civile dénonce ainsi les arrestations et intimidations visant les activistes membres de la Dynamique Sociale pour le développement et la paix (DSDP).
« Toucher à un seul cheveu de nos collègues, c’est attaquer l’ensemble de la société civile », peut-on lire dans le document.
Les signataires rappellent que la liberté d’expression est garantie par la Constitution congolaise ainsi que par les engagements internationaux de la RDC, notamment la Charte des Nations unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Ils appellent les citoyens à renforcer leur vigilance face à la réduction de l’espace civique et exhortent le gouvernement congolais à garantir la liberté d’expression et la protection des activistes menacés.
Parmi les structures signataires figurent notamment Alerte-RDC, le Panel des experts de la société civile, le Forum citoyen, la Maison de la laïcité de Kinshasa, l’OCIDC-RDC et le Réseau PRODDES.
Ecomine.cd