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RDC : les effectifs de la fonction publique passent de 478.860 agents en 2017 à plus de 1,2 million en 2025

VPM de la fonction publique, Jean-pierre Lihau
VPM de la fonction publique, Jean-pierre Lihau

La fonction publique congolaise connaît une transformation majeure depuis plusieurs années. En République démocratique du Congo, les effectifs des agents publics sont passés de 478.860 en 2017 à plus de 1,2 million en 2025, selon les chiffres présentés par le vice-premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau.

Ces statistiques ont été dévoilées lors d’un briefing presse coanimé avec le ministre de la communication et médias, Patrick Muyaya, autour de la publication intitulée « La fonction publique en chiffres ». Dans cette édition, le gouvernement met en avant les réformes engagées pour moderniser l’administration publique et améliorer les conditions des agents de l’État.

Au-delà de l’augmentation des effectifs, l’exécutif insiste également sur l’assainissement du fichier de paie et la maîtrise des dépenses salariales. Cette opération vise notamment à identifier les agents fictifs et à garantir une meilleure gestion des finances publiques.

Une hausse généralisée des salaires

Plusieurs secteurs stratégiques ont bénéficié d’une importante revalorisation salariale au cours des neuf dernières années. Les domaines de la sécurité, de la diplomatie, de la justice, de la santé ainsi que de l’enseignement figurent parmi les principaux bénéficiaires de cette dynamique.

"Dans le secteur diplomatique, la rémunération moyenne est passée de 2,1 millions de francs congolais en 2016 à plus de 8 millions de francs congolais en 2025. Les responsables politiques enregistrent également une forte progression, avec des salaires moyens dépassant 5 millions de francs congolais", a souligné Jean-Pierre Lihau.

Dans cette optique, le secteur de la santé a lui aussi connu une amélioration notable. Les professionnels de santé sont passés d’une rémunération moyenne de 310.168 francs congolais à plus de 1,5 million de francs congolais. Quant aux enseignants, leur salaire moyen a évolué de 119.289 francs congolais à près de 310.000 francs congolais entre 2016 et 2025.

Sécurité et justice parmi les secteurs renforcés

Les militaires et les policiers figurent également parmi les catégories ayant bénéficié d’une hausse significative des revenus. Leur rémunération moyenne est passée de 93.661 francs congolais en 2016 à plus de 511.000 francs congolais en 2025.

Le secteur de la justice n’est pas resté en marge de cette évolution. Les magistrats et agents de justice perçoivent désormais des salaires moyens dépassant 2,6 millions de francs congolais, contre environ 752.000 francs congolais il y a neuf ans.

Pour le VPM Lihau, "cette progression salariale répond à la nécessité de rendre certains secteurs plus attractifs et d’améliorer les conditions sociales des agents publics. Les autorités évoquent également une hausse globale des rémunérations estimée à plus de 300 % durant cette période", a-t-il soutenu.

La protection sociale en nette progression

La réforme de la fonction publique ne se limite pas aux salaires. La couverture sociale des agents de l’État a également connu une forte avancée. Selon les chiffres du ministère, moins de 200.000 agents bénéficiaient d’une protection sociale avant les réformes engagées, contre près de 1,6 million aujourd’hui.

Le gouvernement met aussi en avant les efforts réalisés dans le processus de mise à la retraite des fonctionnaires. Entre 2011 et 2020, moins d’un millier d’agents avaient été retraités. Au cours des cinq dernières années, plus de 17.000 agents et cadres ont été admis à la retraite et pris en charge par la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État. D’autres vagues de départs sont encore annoncées.

Malgré ces avancées, des inégalités salariales persistent dans l’administration publique congolaise. Les enseignants et les agents du régime général restent moins rémunérés que les diplomates, les magistrats ou les responsables politiques. Des écarts importants sont également signalés au sein même du secteur diplomatique, selon les différentes zones d’affectation.

Céleste Z