Le groupe anglo-suisse Glencore a formellement démenti toute intention de céder tout ou une partie de ses activités en République Démocratique du Congo (RDC), suite à une information relayée par le Financial Times le 14 février. Le porte-parole de l’entreprise a confirmé à Reuters qu’aucune société de conseil ou banque d’investissement n’a été mandatée pour mener une opération de cession. Toutefois, le groupe a admis avoir reçu en 2024 une offre non sollicitée d'un investisseur potentiel du Moyen-Orient, mais cette proposition a été rejetée.
Ce démenti intervient dans un contexte de tensions croissantes autour des opérations minières de Glencore en RDC, particulièrement à Kamoto Copper Company (KCC) et sur le site de Mutanda. Les relations entre le groupe et les autorités congolaises sont devenues de plus en plus complexes ces dernières années, notamment à la suite des accusations de corruption, ainsi que des différends fiscaux concernant des sommes dues à l’administration fiscale congolaise.
Des soupçons alimentés par des scandales passés
L’incertitude grandit dans le milieu des investisseurs, avec certains analystes interprétant cette rumeur de vente comme un signe que Glencore pourrait envisager de se retirer du pays. Après l’annonce du Financial Times, l’action de l’entreprise a enregistré une hausse de 4,8 % avant de clôturer sur une progression de 3 %. En 2024, le groupe avait déjà accepté de verser 152 millions USD pour régler des accusations de corruption en RDC. L’administration fiscale congolaise lui avait également réclamé 895 millions USD, correspondant à des retenues à la source sur les paiements faits à l'homme d'affaires israélien Dan Gertler, un partenaire d'affaires controversé de Glencore.
Malgré ce climat tendu, les autorités congolaises n’ont pas réagi publiquement aux récentes informations. Un aspect important de cette situation concerne le renouvellement des licences d’exploitation de KCC, la plus grande filiale du groupe en RDC. Ces permis, désormais renouvelés pour 15 ans, permettent à Glencore de continuer ses activités jusqu’en 2039, bien que les licences de Mutanda soient valables jusqu’en 2037.
La fin de cycle des opérations minières de Glencore en RDC ?
Sur le plan opérationnel, les mines de Glencore en RDC sont confrontées à un déclin progressif de leur production. En 2024, la production de cuivre à Kamoto et Mutanda a chuté de 7 %, poursuivant une tendance baissière amorcée depuis 2022. La production de cobalt a également enregistré une baisse significative de 10 %. Ce recul sur trois années consécutives soulève des interrogations sur la pérennité de ces actifs à long terme.
Le site de Kamoto dispose d'une durée de vie restante de 15 ans, en parfaite adéquation avec la période couverte par le renouvellement de ses permis. De son côté, la mine de Mutanda pourrait théoriquement continuer jusqu’en 2040, à condition de recevoir l'autorisation pour des investissements supplémentaires. Mais le déclin de la production soulève des interrogations sur l'avenir à long terme de ces projets en RDC.
Des réserves encore significatives à exploiter
Malgré ces défis, les récentes évaluations des réserves minérales sur les sites de Glencore en RDC indiquent encore des potentiels importants. À Mutanda, les permis abritent des réserves quasi prouvées de 3,8 millions de tonnes de cuivre et 1,2 million de tonnes de cobalt, offrant ainsi des perspectives intéressantes pour les investisseurs à la recherche de gisements rentables.
En dépit de ces tensions et de la baisse de production, Glencore semble pour l’instant se concentrer sur la gestion de ses actifs en RDC, tout en restant ouvert à de potentielles offres d’investisseurs, sans toutefois céder à la pression d'une vente imminente.
Ecomine.cd