Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, considère la puissance de l’information comme l’une des clés stratégiques pouvant faciliter les efforts visant à amener la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. C’est ce qu’il a fait savoir lors d’une journée scientifique organisée, ce jeudi 19 mars 2026, par le Comité des Anciens du CHESD (CAC ASBL) en partenariat avec la direction du Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense. L’événement, qui s’est tenu dans l’amphithéâtre Tshanzu, avait pour thème : « Défis sécuritaires et résolution de la crise persistante à l’Est de la RDC : une approche multidimensionnelle pour une paix durable ».
Cette rencontre a rassemblé des chercheurs, experts et décideurs pour une réflexion approfondie sur la situation sécuritaire en République démocratique du Congo. La dynamique des échanges a révélé l’urgence des enjeux tout en mettant en avant la volonté collective d’élaborer des solutions durables en faveur du pays.
Dans son intervention, Patrick Muyaya a salué l’initiative du CAC ASBL, soulignant l’importance de combiner l’expertise académique et l’expérience pratique pour trouver des solutions. Il a abordé le sous-thème « Cycle de violence et médias : gestion de l’information, narrative et prévention de la déstabilisation », insistant sur la centralité de l’information dans les conflits contemporains.

Le porte-parole du gouvernement a expliqué que « la maîtrise du récit est aussi cruciale que le contrôle du territoire ». Il a mis en avant la complexité de la crise actuelle, notamment en raison de l’agression extérieure du Rwanda et des luttes narratives qui l’accompagnent. La désinformation et la manipulation des perceptions collectives ont été identifiées comme des facteurs déstabilisants majeurs, a précisé Patrick Muyaya.
Ce membre du gouvernement Suminwa a également souligné la nécessité d’une communication publique cohérente, la décrivant comme un levier stratégique essentiel. Il a affirmé que la communication doit être considérée comme un front à part entière, au même titre que la dimension militaire ou diplomatique, et a insisté sur l’importance de maintenir la crédibilité de la parole publique.
Dans un discours engagé, Patrick Muyaya a illustré ses propos par des exemples concrets de tensions communautaires exacerbées par la propagande, avertissant que « les algorithmes peuvent transformer un incident isolé en une crise généralisée ». Il a plaidé ensuite pour une approche basée sur le dialogue et la cohésion sociale, stipulant que protéger les populations exige de renforcer les liens communautaires plutôt que de militariser les quartiers.

Pour ce faire, le ministre de la communication a réaffirmé l’engagement du gouvernement à promouvoir une information rigoureuse et axée sur la paix. Il a appelé à une mobilisation collective des médias, de la recherche et de la société civile pour faire de la communication un vecteur de cohésion et de responsabilité.
Il convient de souligner que cette journée scientifique a ainsi mis en lumière le rôle majeur de l’information dans la compréhension et la résolution de la crise dans l’Est du pays, tout en renforçant le dialogue entre le monde académique et les décideurs publics pour une paix durable en RDC.
Céleste Z