Le Sud-Kivu, province riche en ressources minérales de la République démocratique du Congo, se trouve face à une incapacité de tirer profit de son potentiel économique. C'est ce que déplore le gouverneur Jean-Jacques Purusi lors d'une réunion.
"Le secteur minier ne génère pas même un million de dollars par mois, principalement en raison de l’exploitation illicite des minerais", déplore-t-il.
Cette situation met en lumière une contradiction troublante : alors que la région regorge de cobalt, cuivre, lithium et autres ressources précieuses, la population locale continue de souffrir de la pauvreté.
Le gouverneur Purusi a exprimé son indignation face à cet état de fait, affirmant que les richesses du Sud-Kivu ne profitent pas à ses habitants.
"Il est inacceptable que les exploitants étrangers s’enrichissent sur notre terre, tandis que notre population meurt de faim", a-t-il déclaré. Ces propos révèlent un besoin urgent de réformes dans le secteur minier pour assurer un développement équitable et durable.

Pour faire face à cette crise, le gouverneur a annoncé une série de mesures visant à légaliser et systématiser l’exploitation de l’or dans la province. Une démarche qui pourrait non seulement générer des revenus significatifs, mais également favoriser le développement local. Les autorités provinciales, en collaboration avec divers acteurs de la province dont le président de l'Assemblée provinciale du Sud-Kivu, Feston Kabeza, afin de mutualité leurs efforts pour mettre fin à l’exploitation illégale et créer un cadre réglementaire favorable.
L’action récente des autorités, qui ont saisi une quantité importante d’or et d’argent d'une société exploitant illégalement dans le territoire de Walungu, témoigne de cette volonté de changement. Les 400 000 dollars récupérés sont désormais consignés dans une banque au profit de la province, marquant un premier pas vers la restitution des richesses aux habitants du Sud-Kivu.
Cependant, le gouverneur a clarifié que l’objectif n’est pas d’expulser les exploitants chinois, mais plutôt de les encourager à se conformer aux lois du pays. Cela implique non seulement le respect des règlements miniers, mais également des contributions à des projets d'infrastructure et de développement local. Cette approche vise à instaurer un partenariat constructif entre les acteurs locaux et étrangers.
La province du Sud-Kivu se trouve à un tournant décisif. Avec une gestion légale et équitable des ressources minérales, la province pourrait transformer son potentiel économique en véritable levier de développement pour sa population. Les mesures annoncées par le gouverneur sont un appel à l'action pour tous les acteurs concernés, afin de garantir que les richesses minérales du Sud-Kivu profitent réellement à ceux qui vivent sur ces terres.
Il est important de rappeler que lors d'un briefing presse du porte-parole du Gouvernement, la ministre des Affaires étrangères de la RDC, Thérèse Kayikwamba avait révélé que selon les rapports d'experts des États-Unis, la coalition ADF-M23 prélève des taxes sur l'exploitation artisanale du coltan, générant des revenus considérables. Environ 150 tonnes de coltan sont exportées frauduleusement chaque mois vers le Rwanda, ce qui rapporte près de 800 000 dollars USD. Ces activités illégales alimentent le conflit et exacerbent les souffrances des populations locales.
Dans ce cadre, une réunion interministériel avait eu lieu le mardi 8 janvier 2025 dernier lors de laquelle, il a été décidé de créer une structure indépendante dédiée pour contrer la fraude minière en RDC, lors de ces assises, le vice-Premier ministre Jacquemain, avait souligné l’urgence d’établir cette structure pour analyser et répondre aux problèmes liés à la fraude minière, notamment la contrebande. Cette directive fait suite aux préoccupations exprimées par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, lors d'une réunion du Conseil des ministres, où il a été question de la présence non autorisée de ressortissants étrangers dans les zones minières.
Céleste Z