ACTUALITE

ECONOMIE

ENVIRONNEMENT

ENQUETES

CORRUPTION

Enquête pour corruption : la police australienne cible AVZ Minerals et le projet de lithium de Manono en RDC

image
Image d'illustration.
  • Mines

AVZ Minerals, une compagnie minière australienne, a confirmé, ce mardi 10 décembre 2024, l’ouverture d’une enquête par la police fédérale australienne (AFP) sur des accusations de corruption liées au projet de lithium de Manono, en République Démocratique du Congo (RDC).

« Au vu des accusations publiques répétées, AVZ a écrit à l’AFP en juin 2024 et lui a proposé son aide dans le cadre de toute enquête. AVZ a coopéré avec l’AFP dans le cadre des mandats de perquisition et continuera à coopérer dans le cadre de l’enquête de l’AFP. AVZ nie s’être livrée à des actes de corruption », a déclaré la société.

Des perquisitions ont été menées la semaine dernière dans les locaux de l’entreprise à Perth, comme rapporté par The West Australian. Cependant, l’AFP n’a fourni aucun détail sur l’enquête en cours ni sur les éventuelles personnes impliquées parmi les dirigeants actuels ou passés de la compagnie.

Les accusations de corruption autour du projet de Manono ne sont pas nouvelles. En novembre 2023, un rapport de l’ONG américaine Global Witness a levé le voile sur des irrégularités présumées. Selon ce document, AVZ Minerals aurait acquis une part majoritaire dans le projet auprès de Dathomir Mining Resources, une société-écran détenue par des hommes d’affaires congolais, pour plus de 28 millions de dollars. Ces derniers auraient dû verser 6 millions de dollars à La Cominière, une société congolaise d’État, mais le paiement n’a jamais été effectué.

En parallèle, une enquête de l’Inspection générale des finances (IGF) en RDC a révélé que la société chinoise Zijin Mining aurait racheté les parts de La Cominière à un prix jugé largement inférieur à leur véritable valeur. Cette acquisition a permis à Zijin Mining de devenir un acteur clé du projet Manono, évinçant ainsi AVZ Minerals, qui conteste la situation devant plusieurs tribunaux internationaux.

Le projet Manono, autrefois considéré comme l’un des plus prometteurs dans le secteur du lithium en Afrique, tarde à se concrétiser. Le gisement, estimé à au moins 400 millions de tonnes de ressources minérales avec une teneur de 1,65 % en lithium, reste inexploité, malgré son énorme potentiel pour l’industrie mondiale des batteries.

Alors que l’enquête de l’AFP progresse, l’avenir de ce projet emblématique demeure incertain, accentuant les tensions autour de la gouvernance et des pratiques dans le secteur minier en RDC.

Lovic-Benjamin Nsapu