La République démocratique du Congo (RDC) possède des gisements d'une cinquantaine de minerais, mais seulement une douzaine d'entre eux sont exploités, notamment le cuivre, le cobalt, l'argent, l'uranium (par Areva), le plomb, le zinc, le cadmium, le diamant, l’or, l’étain, le tantale, le tungstène, le manganèse et quelques métaux rares comme le coltan.
Le pays extrait également des diamants et détient la deuxième réserve mondiale de cuivre, représentant 10 % du total recensé sur la planète, ainsi que les plus importantes réserves de cobalt, avec près de 50 % de la production mondiale.
C'est dans ce cadre que la capitale de la République démocratique du Congo, Kinshasa, a été le point de rencontre de la 6ᵉ édition de la Conférence annuelle de Glencore, qui s'est tenue le mercredi 9 octobre 2024.
Ces assises ont attiré des dirigeants et experts de l'industrie minière. Sous le thème « Bâtir fièrement un héritage minier responsable en RDC », les interventions des experts lors de cet événement ont souligné l'importance d'une exploitation minière durable et éthique dans le pays. La conférence a rassemblé des personnalités influentes telles que la Première ministre Judith Suminwa, qui a pris la parole par vidéoconférence depuis l'Allemagne où elle se trouve en mission, ainsi que le ministre des Mines Kizito Pakabomba.
Lors de son intervention, le ministre Pakabomba a fait un état des lieux du secteur minier congolais, mettant en avant les enjeux cruciaux auxquels il fait face. Il a précisé la distinction entre l’exploitation industrielle, souvent plus encadrée, et l’exploitation artisanale, qui représente une part significative de l'activité minière en RDC. Cette différenciation est essentielle pour comprendre les défis réglementaires et environnementaux du secteur.
Le ministre a également insisté sur l'importance de respecter les normes réglementaires établies par l'État pour garantir une exploitation responsable des ressources minières. Selon lui, le respect de ces normes est fondamental tant pour la protection de l'environnement que pour la sécurité des travailleurs, deux aspects fréquemment négligés dans les discussions sur l'industrie minière.
Dans le cadre de cette conférence, Kizito Pakabomba a réaffirmé la vision du gouvernement congolais de faire de l'industrie minière un pilier du développement économique. Cette ambition inclut la création de richesses locales et la promotion d'une classe moyenne congolaise, contribuant ainsi à améliorer les conditions de vie des populations et à stabiliser l'économie nationale.
Il est important de souligner que, selon les informations publiées par la Banque mondiale, "la RDC a atteint un pic de 8,9 % en 2022, et la croissance du PIB réel du pays est restée robuste à 7,8 % en 2023, soutenue par un secteur minier dynamique, qui a progressé de 15,4 %, contribuant à environ 70 % de la croissance globale en 2023."
La croissance du PIB devrait se modérer à 6 % en 2024 et se stabiliser autour de 5,8 % sur la période 2025-2026, tirée par le secteur minier. Avec le secteur agricole employant plus de 60 % de la main-d'œuvre en RDC, la vulnérabilité de l'économie aux risques liés au changement climatique (inondations, sécheresses) est substantielle. Enfin, une escalade de la guerre à l'est et une volatilité politique continue pourraient compromettre la capacité à progresser dans les efforts de réformes structurelles ambitieuses.
Selon la même source, pour atténuer ces risques, le défi immédiat de la RDC est de renforcer la sécurité et de maintenir la stabilité politique et macroéconomique, tout en construisant des institutions solides pour assurer une croissance durable.
La conférence annuelle de Glencore a ainsi agi comme une plateforme d'échange entre le gouvernement et les investisseurs internationaux. Elle a permis d'explorer les opportunités offertes par le secteur minier en RDC tout en soulignant la nécessité d'une coopération responsable pour bâtir un avenir durable.
Céleste Z