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CHEMAF : plus de 395 agents licenciés en 2020 toujours en attente de justice

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Site d'exploitation du cobalt à Mutoshi, dans la province du Lualaba.
  • Mines

JUSTICIA Asbl, une organisation de promotion et protection des droits de l’homme, du droit humanitaire et du développement, basée en République Démocratique du Congo, exprime sa profonde préoccupation face à l’affaire qui oppose l’entreprise minière Chemical of Africa (CHEMAF) à ses anciens employés. Depuis leur licenciement en 2020, ces derniers vivent une situation chaotique, marquée par l’incertitude et la précarité.

En avril 2020, CHEMAF avait licencié plus de 395 employés sous le couvert d’un congé technique, promettant de les réintégrer par la suite. Cependant, à ce jour, ces travailleurs et leurs familles continuent de vivre dans des conditions difficiles, attendant toujours leurs indemnisations et la réintégration promise. Malgré la fin de la crise liée à la COVID-19, l’entreprise n’a toujours pas honoré ses engagements, laissant ces anciens employés dans une misère indescriptible.

Cette situation a occasionné des conséquences graves :

Plusieurs employés sont décédés, d’autres sont paralysés ou gravement malades, incapables de se soigner. De nombreux foyers ont été brisés, des enfants ont été déscolarisés, et certains employés ont atteint l’âge de la retraite sans pouvoir bénéficier de leur pension, CHEMAF refusant de leur fournir les bulletins nécessaires pour leur dossier de retraite auprès de l’INSS.

JUSTICIA Asbl dénonce cette situation qu’elle juge inacceptable et appelle les autorités compétentes à intervenir pour que justice soit rendue à ces anciens employés. L’organisation insiste sur la nécessité de respecter les droits des travailleurs et de garantir leur dignité, conformément aux normes nationales et internationales en matière de droits humains et de travail.

À noter que la société Chemical of Africa est une filiale du Groupe Shalina, une compagnie indienne spécialisée dans la fabrication et la commercialisation des produits pharmaceutiques et présente en RDC depuis 1981. Intervenant à un moment où l’État congolais est en guerre et la Générale des Carrières et des Mines (Gécamines) en faillite, le Groupe obtient la concession de l’Étoile sans valorisation des gisements ni appel d’offre préalable. Outre l’extraction des minerais, la société achète également des minerais produits artisanalement, particulièrement à Likasi et à Kolwezi, où se trouvent installés ses dépôts. Les minerais achetés sont acheminés à Lubumbashi où ils sont traités et transformés dans son usine, dont la construction débute en 2002. 

La capacité de production actuelle de Chemaf est de 16 000 tonnes par an de cathode de cuivre. Chemaf est une entité intégrée, composée de la mine Étoile et de l'usine d'Usoke située à une dizaine de kilomètres. Depuis 2002, Chemaf fabrique des produits en cuivre et en cobalt à valeur ajoutée.

Lovic-Benjamin Nsapu