Confrontée à une escalade de violences, la Belgique a encouragé le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) à entamer une action en justice contre le Rwanda devant la Cour internationale de Justice (CIJ), accusant ce dernier d'agression.
Cette déclaration a été faite par l'ambassadrice belge à Kinshasa, Roxane de Bilderling, lors d'une conférence de presse à Goma, vendredi 19 avril. Elle a souligné les violations des frontières internationales et le soutien du Rwanda au groupe rebelle M23, qui agit dans l'est de la RDC.
La Belgique exprime son espoir qu'en déposant une plainte devant la Cour internationale de justice, les parties impliquées seront incitées à rechercher une solution durable à la crise.
"Une stratégie pour exercer une pression consiste à ce que la République démocratique du Congo (RDC) dépose une plainte devant la Cour internationale de Justice pour violation des frontières internationales", a déclaré la diplomate, soulignant que "la RDC l'a déjà fait contre d'autres pays, tels que l'Ouganda par exemple, et a obtenu satisfaction et réparations pour les préjudices subis".
En 2004, Kinshasa avait fait appel à la Cour pénale internationale (CPI) qui avait ouvert une enquête et rendu trois condamnations définitives. En mai 2023, près de 20 ans plus tard, le gouvernement de Kinshasa était de nouveau devant l'institution, accusant officiellement la coalition armée Rwandaise-M23 et demandant une poursuite judiciaire pour des crimes graves contre l'humanité et des violations des droits humains commis dans l'est de la RDC « depuis le 1ᵉʳ janvier 2022 jusqu'à présent ». Le procureur de la CPI, Karim Khan, avait annoncé dans un communiqué sa « volonté de faire un examen préliminaire ».
D'autre part, Roxane de Bilderling a proposé une approche diplomatique et politique visant à résoudre le conflit en RDC, une initiative complexe en raison des divergences significatives entre Kinshasa et Kigali.
Les enjeux économiques
À l’est de la RDC, les combats portent aussi sur le contrôle des vastes ressources naturelles, notamment les diamants, l'or, le cuivre… Le pays possède aussi d'autres minerais, tels que le cobalt et le coltan, nécessaires à la fabrication de batteries pour les téléphones portables, divers appareils électroniques et les avions.
La RDC a déjà produit plus de 70 % du cobalt mondial et détient 60 % des réserves de coltan de la planète, selon plusieurs sources d’Ecomine.cd.
Selon plusieurs rapports, dont celui d’Africa Center, « les factions rebelles soutenues par l'Ouganda et le Rwanda, notamment le M23, contrôlent des chaînes d'approvisionnement stratégiques, mais informelles reliant les mines des Kivus aux deux pays ». Ces groupes utilisent les gains qui découlent de ce trafic « pour s'approvisionner en armes, recruter et contrôler des mineurs artisanaux et payer des fonctionnaires corrompus des douanes et des frontières congolaises, ainsi que des soldats et des policiers ».
Ecomine.cd