Le corridor de Lobito relie les mines de cuivre et de cobalt du sud de la RDC et du nord de la Zambie aux marchés internationaux via le port de Lobito sur la côte Atlantique de l’Angola. D’ici 2030, il devrait disposer d’une capacité d’exportation annuelle d’un million de tonnes.
En RDC, le négociant en matières premières Trafigura et la compagnie minière Ivanhoe Mines ont annoncé le 7 février la signature d’accords visant à exporter annuellement jusqu’à 690 000 tonnes de cuivre par le biais du corridor de Lobito en Angola. L’utilisation de cette route commerciale située entre la ceinture de cuivre d’Afrique centrale et la côte Atlantique de l’Angola permettra de réduire les délais et les coûts d’exportations des compagnies.
Trafigura fait partie du consortium privé ayant obtenu la concession du corridor en 2022 pour une durée de 30 ans. Le groupe basé en Suisse a négocié le transport d’un maximum de 450 000 tonnes de cuivre par an, alors que la compagnie canadienne, qui exploite le complexe de cuivre Kamoa-Kakula, peut exporter annuellement au moins 120 000 tonnes et au plus 240 000 tonnes de cuivre à travers ce corridor. Les accords entrent en vigueur en 2025 et sont valables pour une durée minimale de six et cinq ans, respectivement pour Trafigura et Ivanhoe.
« Nous sommes heureux d’être l’un des premiers clients commerciaux à accepter les termes d’un engagement à long terme pour l’utilisation du Lobito Atlantic Railway et nous sommes impatients d’accueillir d’autres clients qui rejoindront Ivanhoe Mines et Trafigura dans les mois à venir », a déclaré Jeremy Weir, PDG de Trafigura.
Notons que dans le cadre d’un essai visant à exporter jusqu’à 10 000 tonnes, Ivanhoe Mines a déjà lancé en décembre 2023 les premières expéditions par rail, depuis Kolwezi en RDC jusqu’au port de Lobito en Angola. D’ici la fin de la décennie, le corridor devrait atteindre une capacité d’exportation annuelle d’un million de tonnes, permettant à d’autres compagnies minières opérant en RDC, et même en Zambie, d’exporter leur production.
Pour rappel, le développement du corridor bénéficie du soutien de partenaires majeurs comme l’Union européenne et les États-Unis, qui souhaitent notamment prolonger les infrastructures ferroviaires depuis la RDC jusqu’en Zambie. Il s’agit pour ces deux parties de faciliter l’approvisionnement de leurs industries en cuivre et cobalt, métaux nécessaires à la transition énergétique. La RDC est le premier producteur mondial de cobalt et le troisième producteur mondial de cuivre, alors que la Zambie est le deuxième producteur africain de cuivre.
Benjamin Nsapu