La Ligue congolaise de lutte contre la corruption (LICOCO) a appelé le gouvernement de la République démocratique du Congo à étendre la présence de la société Primera Gold SA à d'autres provinces du pays afin d'améliorer la traçabilité de la chaîne d'approvisionnement de l'or. C’est ce que renseigne un communiqué de cette ONG congolaise de lutte contre la corruption.
« Nous invitons le gouvernement de la RDC à dupliquer la société Primera Gold SA, dans d’autres provinces pour une meilleure traçabilité de la chaîne d’approvisionnement de l’or, notamment au Nord-Kivu, Maniema, Tanganyika, Ituri et au Haut-Uélé, afin de lutter contre la fraude minière qui enrichit illégalement les pays voisins, dont le Rwanda et l’Ouganda », a écrit la LICOCO.
D'après l'ONG, il est nécessaire d'étendre la même approche aux filières de l'étain et du cuivre-cobalt exploitées de manière artisanale afin de capturer et de tracer dans le circuit officiel toutes les productions qui échappent actuellement à ce circuit au profit des réseaux criminels et de la contrebande.
« Il faut vider le contentieux existant entre la société Sakima et les sociétés privées travaillant dans le secteur stannifère pour lutter contre la fraude qui enrichit las pays voisins, suspendre les sociétés appartenant aux personnalités politiques qui favorisent l’insécurité dans l’Est de la RDC, à l’exemple de ceux exploités par le famille de Corneille Nanga en Ituri et dans le Haut-Uele, aujourd’hui en rébellion pour le compte du Rwanda sous la couverture des terroristes du M23 », fait savoir le communiqué signé par M. Enerst Mpararo, secrétaire général de la LICOCO.
Dans le même communiqué, l’ONG a exprimé son soutien à la société Primera Gold SA et a encouragé celle-ci à publier de manière proactive les taxes, impôts, redevances et autres droits qu'elle verse aux structures étatiques, sans attendre les rapports de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). De plus, elle a incité la société à divulguer tous les détails concernant ses fournisseurs et les sites miniers qui font partie de sa chaîne d'approvisionnement en ou provenant de l'exploitation artisanale.
La LICOCO a également souligné l'importance d'étendre la diligence raisonnable et le système de traçabilité de Primera Gold SA aux structures étatiques, afin de mettre en lumière les sites miniers contrôlés par des groupes ou des personnalités politiquement exposées qui soutiennent l'insécurité et l'instabilité dans l'est de la RDC, en collusion avec des puissances ennemies et des pays voisins agresseurs.
Focus sur Primera Gold
La création de la société Primera Gold SA résultant de la volonté commune de tous les acteurs impliqués dans la gouvernance minière, y compris la société civile, de voir le gouvernement de la RDC, soutenu par ses services spécialisés, assainir intégralement la filière aurifère à tous les niveaux de la chaîne d'approvisionnement.
Cette initiative est une réponse appropriée aux nombreuses années de financement de l'insécurité par les activités illicites d'exploitation et de commerce de l'or artisanal, en particulier dans la région de l'Est de la RDC et spécifiquement dans la province du Sud -Kivu.
Rappelons que Primera Gold, ayant connu une ascension remarquable dans le secteur minier, a déjà été au cœur d'un débat sur les bénéfices de son partenariat avec l'État congolais. Alfred Maïsha, député national, avait récemment critiqué publiquement les privilèges et le monopole accordés à Primera Gold, soulignant qu'ils ne favorisaient pas les entreprises congolaises dans l'exploitation des matières premières.
Ecomine.cd