Dans son récent communiqué, l'Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) dénonce l'utilisation de l'oubli comme stratégie pour dissimuler les négociations opaques concernant le dossier Sicomines. Dans le même communiqué, l’ong spécialiste en finances publiques maintient les positions et recommandations de la société civile du 1er mars 2023 et exige la levée de l'opacité entourant « ce dossier scandaleux, qui a privé notre peuple de plus de 17 milliards de dollars USD, des fonds qui aurait pu contribuer à éradiquer la pauvreté absolue dans le pays », écrit l’ODEP.
A cet effet, l’ODEP lance un appel aux congolais « à ne pas oublier que 17 milliards USD ont été pillés par les parties prenantes à ce dossier, Chinois, comme Congolais ». L'observatoire s’interroge si d'autres personnes veulent allonger la liste des criminels financiers au détriment du peuple congolais. Il encourage les congolais à ne pas détourner leur attention sur ce dossier.
« La culture de l’oublie nous hante depuis 63 ans. Pour construire la démocratie, il faut démocratiser à tout moment la mémoire collective. Les oublis volontaires ont beaucoup aidé la descente aux enfers de notre pays. A quand le procès même pour l’histoire des assassins de Lumumba, de Mulele Pierre et de leurs compagnons. Le procès pour l’histoire de Mobutu et sa bande pour les crimes économiques et contre l’humanité commis du 9 septembre 1960 au 17 mai 1997, les crimes économiques et contre l’humanité de Sieurs Joseph Kabila et on continue seulement sans regarder derrière. La révolution pardon de triste mémoire décrétée par Mzee Kabila et j’en passe !! Non, l’oublie volontaire nous enfonce dans l’obscurantisme et n’aide ni la construction d’un pays démocratique ni son émergence », persiste l’ODEP.
Récapitulatif des événements
Le 15 février 2023, l'Inspection Générale des Finances (IGF) a publié ses conclusions et ses exigences concernant la convention de collaboration d'avril 2008 entre la RDC et le groupement d'entreprises chinoises (Contrat chinois).
En résumé, cette convention a été avantageuse pour la partie chinoise, qui a retenu de 17 milliards de dollars américains sur une période de 15 ans, tandis que le peuple congolais a subi une perte de 350 millions de dollars américains investis dans des infrastructures surfacturées. Les 17 milliards de dollars américains représentent au moins deux années du budget de la RDC.
"Depuis les révélations de l'IGF, une commission d'experts comprenant même quelques militants de la société civile s'est mise au travail au palais de la nation et a remis ses conclusions au président de la République. Ensuite, notre président, accompagné d'une importante délégation comme à son habitude, s'est rendu en Chine, mais est revenu sans rendre de compte à l'opinion nationale et internationale. Après son retour, les négociations se sont ouvertes à Kinshasa, toujours au palais de la nation. Depuis lors, c'est le silence total et l'opacité. Comme dans la culture de la mafia mondiale, l'Omerta, la loi du silence, prévaut, ce qui profite notamment aux criminels du régime précédent qui ont ostensiblement blanchi leur butin dans de nombreuses réalisations à Kinshasa, dans les provinces de la RDC et à l'étranger", déplore l’ODEP.
"L'ODEP s'interroge : est-ce que le régime compte sur l'oubli pour étouffer les résultats d'une nouvelle arnaque de cette décennie qui commence ?"
Michée EFOYA