ACTUALITE

ECONOMIE

ENVIRONNEMENT

ENQUETES

CORRUPTION

RDC : Faute de moyens, des milliers d’élèves congolais encore privés de rentrée

Ministre d'État Raïssa Malu et élèves
Ministre d'État Raïssa Malu et élèves

Une semaine après la rentrée scolaire officiellement lancée sur toute l’étendue du territoire national, la cloche ne sonne toujours pas pour une catégorie d’enfants congolais qui étudient dans des écoles privées conventionnées. Dans les rues, certains observent leurs camarades en uniforme passer devant eux, cartable au dos, pendant qu’eux restent à la maison, faute de cahiers, d’uniformes ou de l’acompte exigé par leur école.  

Cette scène, banale mais douloureuse, illustre une réalité crue : l’école, censée être un droit universel et gratuit, demeure pour beaucoup une porte close tant que la question des moyens financiers n’est pas résolue.

Une rentrée à plusieurs vitesses

Dans les grandes villes comme dans les zones rurales, le contraste est saisissant : pendant que certains enfants reprennent les cours équipés de tout le nécessaire, d’autres attendent chez eux que leurs parents trouvent de quoi payer un acompte ou acheter quelques fournitures.  

 

La gratuité de l’enseignement primaire, saluée depuis son instauration, ne couvre pas toutes les charges. Uniformes, cahiers et contributions diverses continuent de peser lourdement sur des familles déjà éprouvées par la précarité.

Dans plusieurs établissements, l’accès en classe reste conditionné au paiement d’un acompte. Ce système place les parents devant un dilemme cruel : nourrir la famille ou envoyer leurs enfants à l’école. Beaucoup choisissent d’attendre, en espérant réunir, au fil des semaines, la somme nécessaire.  

Cette pratique compromet l’égalité des chances et accentue les inégalités sociales. Derrière chaque enfant qui tarde à reprendre le chemin de l’école se cache une trajectoire fragilisée, une chance compromise, un avenir incertain.

Un appel à la responsabilité collective

L’éducation est l’un des leviers essentiels du développement et de la lutte contre la pauvreté. Mais si rien n’est fait, une partie de la jeunesse congolaise risque d’être laissée au bord du chemin, aggravant le cercle vicieux de l’analphabétisme et de la vulnérabilité. Cette situation interpelle les pouvoirs publics, les partenaires éducatifs, mais aussi l’ensemble de la société. Garantir une rentrée scolaire inclusive ne devrait pas être un privilège, mais un droit effectif pour tous.  

Alléger davantage le coût de l’éducation, renforcer les mécanismes de suivi et multiplier les initiatives de solidarité sont autant de pistes pour briser la barrière qui maintient encore des milliers d’élèves loin des bancs de l’école.

Parce que chaque jour de classe manqué est un pas de plus vers un avenir compromis, la question n’est plus seulement éducative : elle est profondément sociale, économique et nationale.

Lovic-Benjamin Nsapu