La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo continue d’affecter profondément le système éducatif, notamment dans la province du Sud-Kivu, où la situation devient particulièrement préoccupante. Cette instabilité crée des défis logistiques majeurs pour les acteurs éducatifs et humanitaires, compromettant l’accès à l’information sur le terrain.
C’est ce que révèle un communiqué du ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, publié ce jeudi 10 avril 2025, dont une copie a été consultée par notre rédaction.
Dans le Nord-Kivu, 316 écoles demeurent fermées, empêchant 216 317 enfants, dont 105 489 filles, de reprendre le chemin de l’école. Dans le Nord-Kivu 1, 13 écoles continuent d’héberger des déplacés internes, perturbant ainsi le déroulement normal des cours. Les stigmates des violences restent visibles : plusieurs établissements ont subi d’importants dommages, nécessitant des travaux de réhabilitation pour garantir la sécurité des élèves et des enseignants.
État alarmant des activités scolaires au Sud-Kivu
La province du Sud-Kivu enregistre une aggravation significative de la crise, avec 3 305 écoles actuellement fermées. Ce chiffre représente 1 132 777 enfants, dont 526 420 filles, privés d’accès à l’éducation.
Dans le Sud-Kivu 1, 24 écoles sont utilisées comme abris par des déplacés, tandis que 28 autres sont occupées par des groupes armés, compromettant leur fonctionnement. Comme au Nord-Kivu, de nombreux établissements scolaires ont été endommagés ou détruits, nécessitant une intervention urgente.
Les partenaires humanitaires sont contraints de quitter certains territoires occupés pour des raisons de sécurité, ce qui entrave la collecte régulière de données. Cette situation complique de plus en plus l’accès à l’information, exacerbant les défis auxquels font face les acteurs éducatifs dans la région.
Appel à la mobilisation générale
Il est important de souligner que plus de 3 621 écoles restent fermées dans les deux provinces de l’Est de la RDC, privant plus de 1 349 094 enfants, dont 631 909 filles, d’éducation. Cette situation constitue une urgence nationale, appelant à une mobilisation collective, tant au niveau national qu’international. Il est crucial d’assurer la continuité de l’apprentissage, de renforcer la protection des écoles et des élèves, et de garantir un accès humanitaire sans entrave aux zones affectées.
Le ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté suit de près l’évolution de la situation et renouvelle son engagement à coordonner les réponses éducatives d’urgence. La protection du droit à l’éducation, même en contexte de crise, demeure un principe fondamental et un devoir collectif. Elle doit être priorisée pour garantir un avenir meilleur aux enfants de l’Est de la RDC.
Céleste Z