Depuis le début du mois de mai, les habitants de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, font face à une flambée du prix du maïs, l’un des produits de base les plus consommés dans cette région du nord-est de la République démocratique du Congo. Sur le marché central de la ville, le prix d’une mesurette de maïs est passé de 15.000 francs congolais à 20.000 FC, soit une hausse de plus de 33 % en à peine quelques semaines.
Cette augmentation inquiète vendeurs et consommateurs, déjà éprouvés par la cherté de la vie. « Une flambée de prix de maïs est observée au marché central de Bunia. Une mesurette que nous vendions à 15.000 FC coûte aujourd’hui 20.000 FC depuis début mai », témoigne Myriam Fwaling.
L’insécurité, principale cause de la rareté
À l’origine de cette hausse, l’insécurité persistante dans les zones de production agricole. Selon plusieurs sources locales, les groupes armés actifs en Ituri, notamment les milices Codeco et Zaïre, continuent de semer la terreur dans les territoires ruraux, empêchant les agriculteurs d'accéder à leurs champs et perturbant gravement les circuits de ravitaillement.
« Les cultivateurs ne peuvent plus travailler librement. Ils fuient les affrontements, abandonnent leurs terres ou ne peuvent récolter leur production. Cela a entraîné une pénurie sur les marchés urbains comme celui de Bunia », explique un responsable local du secteur agricole.
Cette situation affecte directement les ménages à faibles revenus, qui dépendent largement du maïs pour leur alimentation quotidienne. Les vendeurs affirment observer une baisse du pouvoir d’achat des clients et une diminution des ventes.
Plusieurs familles se tournent désormais vers des alternatives moins chères comme la patate douce ou le manioc, mais ces produits pourraient à leur tour subir une pression sur les prix si la crise persiste.
Un appel à la sécurisation des zones agricoles
Face à cette crise, les voix s’élèvent pour réclamer une intervention rapide du gouvernement central et des autorités locales afin de restaurer la sécurité dans les zones rurales. Les experts estiment que la stabilisation de l’Ituri est une condition indispensable pour relancer la production agricole et rétablir un équilibre entre l’offre et la demande sur les marchés.
« Sans sécurité, il ne peut y avoir de production durable. Or, sans production, c’est la flambée des prix et l’insécurité alimentaire assurée », avertit un analyste économique basé à Bunia.
Le maïs n’est pas le seul produit touché. D'autres denrées comme le riz, les haricots ou encore l’huile de palme connaissent également une hausse progressive des prix, alimentée par les mêmes facteurs d’insécurité et de rupture d’approvisionnement.
Alors que l’Ituri fait partie des provinces les plus fertiles de la RDC, la persistance des conflits armés continue de compromettre son potentiel agricole et de menacer la sécurité alimentaire de milliers de familles.
Lovic-Benjamin Nsapu