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RDC : Ressource Matters soulève les insuffisances du gouvernement congolais face aux entreprises du secteur extractif du pays

  • Mines

Dans son livre blanc publié en décembre 2025, l’ONG Resource Matters a mis en lumière des lacunes préoccupantes du gouvernement congolais face aux entreprises oeuvrant dans le secteur minier. D'accord concernant l’octroi des permis d’exploitation pour des minerais stratégiques en République démocratique du Congo (RDC), notamment le lithium, le cuivre et le cobalt

Le rapport souligne l’importance du lithium pour la transition énergétique mondiale, tout en dénonçant un manque de rigueur dans le processus d’attribution des permis par les autorités congolaises.

Resource Matters critique le fait que ces permis sont souvent délivrés sans appels d'offres compétitifs, favorisant des allocations ad hoc. Parmi les exemples cités, l'organisation mentionne Tantalex Lithium Resources, qui contrôle le permis d’exploitation des résidus miniers de Manono. Cette entreprise n’a pas encore réalisé d’études de faisabilité ou d’impact environnemental avant de signer un contrat d’écoulement avec Glencore, ce qui soulève des doutes quant à la validité de ses démarches.

"Un tel contrat sans étude préalable est un signe évident de manque de sérieux et de prévoyance. Tantalex a déclaré en 2023 que les travaux étaient en cours, bien que son permis ait été octroyé en 2017. Ce retard pose des questions sur la transparence et la rigueur du processus d’attribution des permis en RDC", a-t-il déclaré.

Des pratiques inappropriées dans le secteur minier

Resource Matters affirme que ce cas n’est pas isolé et cite d'autres entreprises, comme AVZ et Zijin, qui pourraient également être concernées par ces pratiques. L’ONG met en garde contre les conséquences de cette gestion laxiste, qui pourrait compromettre la transformation locale du lithium, un minerai crucial pour l’avenir énergétique.

En effet, les préoccupations concernant la gestion des ressources naturelles en RDC ne sont pas nouvelles. Le pays a déjà connu des revenus d’exportation significatifs grâce aux filières cuivre et cobalt, mais a souffert d’un manque de diversification industrielle. Resource Matters craint que le lithium ne suive un chemin similaire, limitant ainsi les opportunités de développement économique local.

Face à ces défis, l’ONG appelle à une réforme urgente du processus d’attribution des permis d’exploitation. La mise en place d’appels d’offres compétitifs et d’une plus grande transparence sont jugées cruciales pour garantir une exploitation responsable et durable des ressources minérales.

Un appel à la transformation locale des ressources

Dans ce même livre, cet ONG a appelé le gouvernement congolais à identifier des entreprises disposant d’un accès direct à du cobalt et de l’expertise pour produire des précurseurs de batteries pour véhicules électriques. L’organisation souligne que cela réduirait significativement le nombre de candidats potentiels.

Il est également nécessaire de créer des partenariats qui rassemblent ces compétences tout en prévoyant un transfert de savoir-faire vers les acteurs locaux impliqués dans ces projets. Cette approche pourrait favoriser un développement industriel durable en RDC.

Resource Matters fait référence à un accord-cadre qui préconise la création d’une société d’exploitation en consortium avec des investisseurs publics et privés de la RDC et de la Zambie, sous la direction de la Commission économique pour l’Afrique et d’Afreximbank. 

La RDC a le potentiel de transformer ses ressources en un avantage stratégique. Cependant, cela nécessite une politique industrielle ambitieuse et rigoureusement appliquée pour sécuriser l'approvisionnement et attirer des investisseurs expérimentés. 

Il sied de noter qu'un engagement fort dans cette direction pourrait permettre à la RDC de se positionner favorablement dans la chaîne de valeur mondiale des batteries, transformant ainsi un atout géologique en levier de développement durable.

Céleste Z