Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a réaffirmé sa volonté de faire en sorte que les performances du secteur minier profitent pleinement aux finances publiques et contribuent au renforcement des réserves de change de la République démocratique du Congo. Cette orientation vise à consolider davantage la souveraineté monétaire du pays.
Cette déclaration a été faite lors de la 87ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le vendredi 24 avril 2026 à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa. Au cours de cette rencontre, le Chef de l’État a insisté sur la nécessité de renforcer le contrôle des revenus issus des exportations minières.
Pour Félix Tshisekedi, malgré les performances historiques enregistrées dans le secteur extractif, l’État ne bénéficie pas encore pleinement des richesses générées. Il a ainsi appelé à une meilleure gouvernance afin que les recettes minières puissent réellement soutenir l’économie nationale.
Des performances minières historiques mais des recettes insuffisantes
"Le Président a souligné que les efforts fournis pour améliorer la gouvernance du secteur minier ont permis à la RDC d’atteindre des niveaux records d’exportation. En 2024, le pays a exporté 3.100.234 tonnes de cuivre et environ 220.000 tonnes de cobalt, confirmant sa place parmi les principaux producteurs mondiaux", a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs souligné que la tendance haussière s’est poursuivie en 2025 avec 3.403.006,63 tonnes de cuivre exportées. Ces résultats témoignent du dynamisme de l’industrie minière congolaise, qui demeure l’un des piliers de l’économie nationale.
Cependant, le Chef de l’État a reconnu que le principal problème ne se situe pas au niveau de la production, mais plutôt dans la faiblesse du mécanisme de captation des revenus, depuis l’exportation jusqu’à l’encaissement effectif des recettes publiques.
Tshisekedi met en garde contre l’opacité dans la gestion des actifs miniers
Face à cette situation, Félix Tshisekedi a rappelé l’importance d’un contrôle systématique des actifs miniers de l’État et la nécessité de clarifier sa représentation dans les joint-ventures. Selon lui, "l’opacité dans la gestion de ces partenariats freine la mobilisation optimale des recettes", a-t-il fait savoir.

Le Président a également mis en garde contre le non-rapatriement d’une partie des devises générées par les exportations minières. À cela s’ajoutent les fuites de capitaux provoquées par des importations frauduleuses, qui fragilisent davantage l’économie nationale.
Pour le Chef de l’État, la réponse des autorités doit être rigoureuse, réaliste et techniquement applicable afin de garantir une meilleure traçabilité des flux financiers issus du secteur minier.
Des mesures urgentes pour sécuriser les recettes minières
Sous la coordination de la Première ministre, le Président a instruit plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres des Finances, du Budget, des Mines, du Commerce extérieur ainsi que l’Inspection générale des finances et la Gécamines, de mettre en œuvre des mesures correctives urgentes.
Parmi ces mesures figure le lancement, dans un délai de 30 jours, d’un audit exhaustif sur le respect des obligations de rapatriement des recettes d’exportation ainsi que sur la gouvernance des joint-ventures et des actifs miniers de l’État. Cet audit devra identifier les manquements, évaluer les pertes de recettes et proposer des solutions de redressement.
Il est important de préciser que, le Président Tshisekedi a également ordonné l’interconnexion obligatoire de tous les services impliqués dans la chaîne minière, notamment l’OGEFREM, l’OCC, la DGDA, la Banque centrale du Congo et les banques commerciales.
L'objectif de cette orientation est de garantir une traçabilité intégrale des opérations minières et d’assurer l’encaissement effectif des recettes publiques au plus tard à partir des premières évaluations attendues pour le 15 juin 2026.
Céleste Z