La République démocratique du Congo (RDC) est un acteur incontournable de l'industrie mondiale du diamant. Le pays détient environ 9 % des réserves mondiales connues de diamants de qualité industrielle, soit près de 150 millions de carats. En 2024, la RDC a produit 7 millions de carats, représentant 18 % de la production mondiale, ce qui la place au troisième rang des plus grands producteurs, derrière la Russie et le Botswana.
Le Kasaï Oriental, province riche en ressources, abrite la majorité des gisements de diamants industriels. Par ailleurs, les diamants destinés à la joaillerie proviennent principalement de Tshikapa, dans la province du Kasaï, mais aussi d'autres régions comme la Tshopo et le Kwango. Cette richesse minière souligne le rôle stratégique de la RDC sur le marché mondial du diamant, selon l’édition 2025 du US Geological Survey Minerals Yearbook.

Cette position a valu à la RDC une place de choix à la Table ronde ministérielle internationale sur le diamant naturel, tenue du 17 au 19 juin 2025 à Luanda, en Angola. L’événement a réuni des ministres des Mines de plusieurs pays africains, des représentants d’institutions internationales et des acteurs clés de l’industrie diamantaire.
Le ministre des Mines de la RDC, Kizito Pakabomba, a représenté le pays lors de ces assises. Dans son discours prononcé à la séance d’ouverture, il a souligné l’importance du diamant naturel comme levier de développement et de paix, appelant à une mobilisation collective pour sa renaissance. « Le diamant est un outil d’émancipation économique et d’identité africaine », a-t-il déclaré.
Le ministre a également plaidé pour une coopération régionale renforcée, insistant sur la nécessité de bâtir une chaîne de valeur transparente et équitable autour du diamant naturel africain. Il a proposé de remplacer les traditionnels « 4C » (carat, cut, color, clarity) par de nouvelles valeurs : Confiance, Coopération, Crédibilité et Créativité.
Lancement d’une campagne de promotion du diamant naturel
La rencontre a aussi été l’occasion de lancer une campagne mondiale de marketing visant à promouvoir les diamants naturels, en réponse à la montée des diamants synthétiques et à l’évolution des attentes des consommateurs. Des acteurs majeurs du secteur, tels que De Beers et Rio Tinto, ont pris part aux échanges, leur présence témoignant de l’importance stratégique de cet événement.
Le moment fort de la Table ronde a été la signature de l’Accord de Luanda, un protocole engageant chaque État signataire à consacrer 1 % des revenus issus de la vente de diamants bruts à un fonds international. Ce fonds, géré par le Natural Diamond Council, sera destiné à soutenir la promotion des diamants naturels africains.
À travers cette initiative, la RDC réaffirme son rôle moteur dans la relance responsable de l’industrie diamantaire, tout en défendant les intérêts des producteurs du continent. Cet engagement marque une étape importante vers la valorisation du diamant naturel comme ressource de développement économique et social, et contribue à restaurer la confiance sur le marché mondial.
Céleste Z.