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Exploitation minière artisanale en RDC : Tshisekedi appelle à une réforme structurelle pour encadrer un secteur en crise

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Photo d'illustration.
  • Mines

Lors du dernier Conseil des Ministres, le Président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante de l’exploitation minière artisanale en République Démocratique du Congo, en particulier dans la province du Lualaba. Un constat de terrain, dressé lors de son récent déplacement dans cette région, a révélé les nombreuses difficultés rencontrées par les milliers de Congolais qui vivent de cette activité.

Une activité vitale confrontée à la précarité et à l’illégalité

Félix Tshisekedi a rappelé que nombre de creuseurs artisanaux opèrent dans des conditions précaires et souvent illégales, faute d’accès à des zones officiellement reconnues pour l’exploitation artisanale. Exerçant dans des périmètres réservés à l’exploitation industrielle, ces travailleurs sont exposés à des tensions croissantes, à l’insécurité, et à des abus de la part de certains opérateurs économiques qui détournent le cadre légal à leur profit.

Cette situation nourrit non seulement la précarité économique de milliers de familles congolaises, mais représente également une menace pour la paix sociale et la sécurité, en laissant place à des manipulations politiques et à une perte de confiance envers les institutions.

Le président congolais a fermement rappelé le rôle central de l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC) dans la commercialisation des substances minérales stratégiques issues de l’exploitation artisanale, ainsi que la mission de l’Autorité de Régulation et de Contrôle des Marchés des Substances Minérales Stratégiques (ARECOMS). Malgré des avancées récentes, notamment la décision de régulation du cobalt prise par l’ARECOMS en février 2025, les outils de régulation manquent encore de moyens pour exercer efficacement leurs missions.

Il a également insisté sur la nécessité de renforcer ces structures, de les doter de capacités financières et opérationnelles accrues, et de garantir l’application rigoureuse du Code minier en matière d’exploitation artisanale, une activité exclusivement réservée aux Congolais.

Des mesures fortes attendues du Gouvernement

Pour corriger les dysfonctionnements actuels, Tshisekedi a annoncé une série de mesures urgentes à mettre en œuvre :

✓Identification rapide des zones d’exploitation artisanale viables et leur délimitation légale ;

✓Négociations avec les entreprises minières, dont la GECAMINES, pour encadrer l’exploitation artisanale dans des zones cibles, sous supervision de l’EGC ;

✓Renforcement des coopératives artisanales et application des sanctions contre la fraude minière ;

✓Soutien accru à l’ARECOMS, en coordination avec les ministères des Finances, du Portefeuille, des Mines, et les entreprises publiques concernées ;

✓Mise en œuvre d’un dispositif sécuritaire de terrain, piloté par les autorités provinciales et nationales, pour assurer un climat propice à l’exploitation artisanale légale.

Ce faisant, il a été réuni autour de cette problématique les principaux décideurs publics du secteur : la Gouverneure du Lualaba, le Ministre des Mines, les responsables de l’EGC, de la GECAMINES et de l’ARECOMS. Ensemble, ils se sont engagés à accélérer l’adoption de solutions concrètes.

En somme, Félix Tshisekedi réaffirme sa volonté de bâtir une filière artisanale minière structurée, légale, et équitable, qui respecte les droits des Congolais tout en contribuant au développement économique du pays. Une réforme de fond s’impose, pour que l’exploitation artisanale ne soit plus une zone de non-droit, mais un levier inclusif de croissance et de dignité.

Lovic-Benjamin Nsapu