Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, a exhorté le gouvernement congolais à approfondir les négociations autour de l’accord sur les minerais stratégiques avec les États-Unis, tout en insistant sur l’urgence d’une réforme structurelle des Forces armées de la RDC.
Il s'exprimait jeudi 12 juin 2025, lors d’un atelier stratégique organisé à Kinshasa par l’Observatoire de la dépense publique (ODEP), dirigé par le professeur Florimond Muteba, en collaboration avec le mouvement Patriotes en Action pour l’Émergence de la République (PACTE), coordonné par Carbone Beni. L’événement s’inscrit dans le cadre d’une série d’échanges sur la promotion d’une paix durable à travers la République démocratique du Congo.

Au cours de son intervention, Jean-Claude Katende a souligné le lien étroit entre l’exploitation illégale des ressources minières dans l’Est du pays et l’insécurité persistante dans cette région. Il a notamment rappelé que la crise actuelle découle en partie des conflits initiés depuis 1996, lorsque certaines puissances occidentales ont soutenu l’agression de la RDC par des pays voisins tels que le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda.
Selon lui, l’orientation des réfugiés hutus rwandais vers la RDC a été le prétexte utilisé par Kigali pour intervenir militairement sur le sol congolais, dans le but de piller ses ressources naturelles, aggravant ainsi la crise sécuritaire et fragilisant davantage l’autorité de l’État.
Jean-Claude Katende a plaidé pour une gestion transparente et équitable des ressources naturelles, affirmant que la richesse minérale du pays devrait servir la prospérité nationale plutôt que d’alimenter des conflits.
À ce titre, il a appelé à une préparation rigoureuse avant toute signature d’accord stratégique avec les États-Unis.
« Avant de signer cet accord, il est crucial de mener une étude de faisabilité pour déterminer les minerais concernés, leurs teneurs et quantités. Cela permettra à la RDC de négocier en toute connaissance de cause », a-t-il déclaré.
Outre les questions économiques, le président de l’ASADHO a également mis en avant la nécessité de réformer en profondeur l’armée congolaise, qu’il juge sous-équipée et mal prise en charge. Il estime que seule une armée professionnelle, bien formée et bien dotée, pourra restaurer la souveraineté nationale dans les zones en proie à l’insécurité.
Enfin, Jean-Claude Katende a réitéré son soutien à la création d’un tribunal international pour le Congo, soulignant que « la paix durable passe impérativement par la justice ».
L’atelier, qui s’est tenu du 10 au 12 juin, a réuni plusieurs acteurs de la société civile engagés pour une meilleure gouvernance des ressources et la construction d’un État de droit en RDC.
Céleste Z