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RDC : le gouvernement installe le nouveau comité interministériel pour sécuriser et assainir les activités minières

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Photo d'illustration.
  • Mines

Le secteur minier de la République Démocratique du Congo, pilier de l’économie nationale, fait face depuis plusieurs années à des défis persistants liés à la fraude, à la contrebande et à l’exploitation illégale des ressources. Dans une démarche de renforcement de la gouvernance et de transparence, le Ministre des Mines, Kizito Pakabomba, a procédé ce 20 mai 2025 à l’installation officielle du nouveau comité de la Commission Nationale de Lutte contre la Fraude et la Contrebande Minière (CNLFM).

La cérémonie s’est déroulée à Kinshasa en présence de plusieurs autorités nationales, dont le Vice-Ministre des Mines, Godard Motemona, le Secrétaire Général aux Mines, Jacques Ramazani, ainsi que des représentants des services spécialisés et des forces de sécurité.

Un dispositif élargi pour une action coordonnée

Le comité, désormais dirigé par l’Inspecteur Général des Mines, Didier Kaku Kingwabidi, s’inscrit dans une logique de réponse multisectorielle. Il bénéficie d’un mandat renforcé à travers une approche interministérielle, associant les ministères des Mines, de l’Intérieur, de la Défense et de la Justice. Cette collaboration vise à mutualiser les moyens, à garantir une meilleure coordination sur le terrain et à assurer l’effectivité des sanctions contre les réseaux de fraude et de contrebande.

Chaque année, la RDC enregistre d’importantes pertes fiscales liées à la sortie illicite de minerais stratégiques, notamment l’or, le cobalt et le coltan. Ces ressources, souvent extraites sans contrôle ou vendues en contrebande, échappent à l’État et compromettent les efforts de développement économique et social.

Le nouveau comité a pour mission de :

✓Identifier les circuits de fraude et les zones d’exploitation illégale ;

✓Renforcer les mécanismes de contrôle et d’inspection dans les sites miniers ;

✓Coordonner les interventions des forces de sécurité et de justice en matière de répression ;

✓Proposer des réformes réglementaires et institutionnelles pour combler les failles existantes.

Une volonté politique affirmée

L’installation de ce comité intervient dans un contexte de réaffirmation de la volonté du gouvernement congolais de restaurer l’autorité de l’État dans le secteur extractif, stratégique pour le financement des politiques publiques. À travers cette initiative, le ministère des Mines entend contribuer à l’assainissement de l’environnement des affaires, à l’amélioration de la traçabilité des produits miniers, et à la lutte contre la corruption.

« Ce comité n’est pas une structure de plus. Il est le bras opérationnel d’un engagement clair : faire de nos ressources une véritable bénédiction pour les générations présentes et futures », a déclaré le Ministre Kizito Pakabomba dans son allocution.

Si la création du comité constitue une avancée majeure, sa réussite dépendra de la mobilisation effective des ressources, de la coopération entre les acteurs institutionnels et de la transparence dans son fonctionnement. Le défi est aussi celui de l’adhésion des communautés locales et des exploitants artisanaux, souvent instrumentalisés ou marginalisés dans les efforts de réforme.

Ce nouveau chapitre de la gouvernance minière en RDC s’ouvre donc avec une ambition claire : protéger les ressources naturelles du pays, restaurer la confiance, et garantir que les richesses du sous-sol profitent à l’ensemble de la nation.

Lovic-Benjamin Nsapu