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Denrées alimentaires : une botte de pointe noire passe de 500 FC à 1500 FC au marché "en vrac" à Mont-Ngafula en l'espace de deux semaines

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Image d'illustration.
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Le prix des denrées alimentaires à Kinshasa sont loin de se stabiliser parce que subissant une flambée continue du jour au lendemain.

Au marché « en vrac » le long de la National N°1, dans la commune de Mont-Ngafula où nous nous sommes rendus, la botte de pointe noire qui se vendait à 500 FC il y a deux semaines se négocie curieusement à 1500Fc.

Les acheteurs fréquentant ce marché qui ravitaille une bonne frange de la population du quartier Matadi-Kibala se disent être abandonnés par les autorités censées réguler les prix des denrées alimentaires à Kinshasa, alors que la population qui, du reste, a perdu son pouvoir d'achat avec la dépréciation du franc congolais, continue de croupir dans la misère.

" Nous n'avons pas assez d'argent pour nous offrir la nourriture que les décideurs s'offrent. Les légumes, notamment la pointe noire, sont des aliments qui nourrissent nos familles. Mais voilà que les prix de ces légumes connaissent une hausse vertigineuse en l'espace de deux semaines seulement. En quoi est-ce qu'ils sont décideurs s'ils ne savent pas prendre des mesures salvatrices pour les gouvernés que nous sommes ?", s'est interrogée Thos, la trentaine révolue, mère de 3 enfants, venue  ravitailler sa cuisine.

Les vendeuses de leur côté indiquent n'avoir pas de choix que de majorer les prix de "la pointe noire" durant la saison sèche en cours.

À en croire Nadine, l'une d'entre elles, l'absence de pluies en cette période influence la hausse des  prix de la pointe noire.

" Celles et ceux auprès de qui nous allons nous ravitailler nous disent que durant la saison sèche caractérisée par l'absence de pluies, ils s'investissent assez pour que ces légumes poussent, au point d'acheter plusieurs litres d'eau, le quartier n'étant pas desservi en eau potable par la REGIDESO.
Ce, pour ne pas perdre les jeunes plantes et assurer la survie de celles qui ont commencé à pousser avant la saison sèche, nous disent-ils. Pour ne pas perdre leur capital et tirer profit de leur commerce, ils majorent les prix ", a-t-elle lâché.

Certains  habitants des quartiers environnants que nous avons approchés disent faire face à plusieurs difficultés pour nouer les deux bouts du mois, notamment pour s'acheter des denrées alimentaires au juste prix.

Ils révèlent être des fois contraints de rallier le marché Matadi-Kibala, mais là encore, il faut se plier  à la volonté des motocyclistes dont la tarification pour cette distance d'un peu plus d'un  kilomètre  est fixée à 1500Fc.

Autant ne pas perdre 3000Fc et se ravitailler au marché le plus proche de la maison, parce qu'en allant à Matadi-Kibala, ça revient au même. Ces 3 000 FC peuvent servir à autre chose, expliquent-ils.

Ils lancent un cri d'alarme aux autorités compétentes pour éviter un éventuel  soulèvement de la population.

Ecomine.cd