ACTUALITE

ECONOMIE

ENVIRONNEMENT

ENQUETES

CORRUPTION

‎Kolwezi : une centaine de creuseurs ensevelis, l’éboulement qui révèle le laxisme meurtrier du secteur minier artisanal

1
Photo d'illustration.
  • Mines

‎Kolwezi s’est réveillée sous le choc. Un éboulement massif sur un site minier artisanal au Lualaba a enseveli près de 120 creuseurs, plongeant des dizaines de familles dans l’horreur et l’incompréhension. Les images qui circulent sur les réseaux sociaux sont insoutenables : elles dévoilent l’ampleur d’un drame humain qui aurait pu et dû être évité.

‎Ce tragique événement n’est ni un accident isolé ni un fait de hasard. Il met en lumière, une fois de plus, les failles profondes d’un secteur minier artisanal laissé à l’abandon, où la vie humaine semble avoir perdu toute valeur. Les alertes se répètent depuis des années : effondrements à répétition, conditions de travail inhumaines, absence de contrôle, prolifération de zones d’exploitation illégales… Et pourtant, aucune action à la hauteur des enjeux n’a été entreprise pour enrayer cette spirale mortelle.

‎Dans un contexte où les ressources minières sont l’un des piliers économiques de la République démocratique du Congo, l’inaction devient coupable. Le gouvernement doit désormais assumer pleinement ses responsabilités : enquêter de manière transparente, identifier les défaillances administratives et sécuritaires, sanctionner les acteurs impliqués et renforcer, sans délai, les mécanismes de régulation.

‎La population congolaise n’attend plus des discours de compassion ou de simples promesses. Elle exige des mesures concrètes : ‎une régulation stricte du secteur artisanal; ‎des contrôles renforcés et permanents; ‎des sanctions exemplaires; ‎une volonté politique ferme pour protéger les vies humaines avant tout.

‎Chaque minute qui passe sans réponse crédible renforce l’idée d’un État incapable de protéger ses citoyens face aux dérives d’un secteur à haut risque. La vérité doit être établie, les responsabilités clairement définies, et les actions engagées immédiatement, sans excuses, sans tergiversation.

‎Le drame de Kolwezi n’est pas seulement une tragédie ; il est un signal d’alarme. Un rappel brutal de l’urgence de réformer en profondeur l’exploitation artisanale afin de mettre fin à cette longue série de catastrophes évitables. Aujourd’hui, le pays se tient face à un tournant : continuer dans le laxisme ou enfin protéger la vie.

Lovic-Benjamin Nsapu