À partir du 16 octobre prochain, la République Démocratique du Congo (RDC) introduira un nouveau système de quotas pour réguler les exportations de cobalt, marquant la fin du moratoire imposé le 22 février dernier. Cette décision a été annoncée par l'Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS) dans un communiqué officiel.
En effet, entre mi-octobre et la fin de 2025, la RDC va exporter 18 000 tonnes de cobalt, suivies de 96 600 tonnes pour les années 2026 et 2027. Cependant, ces volumes sont bien en deçà des 220 000 tonnes que le pays devraient produire en 2024, selon les estimations du trader Darton Commodities.
Depuis sept mois, la RDC n’a pas exporté une seule livre de cobalt, un minerai crucial pour la fabrication des batteries de voitures électriques et de certains armements. L'interdiction initiale visait à soutenir les prix mondiaux, qui ont chuté à un niveau historiquement bas, dépassant à peine 10 dollars la livre, malgré la demande croissante liée à la transition vers l'électrique.
Un contrôle renforcé sur le marché du cobalt
Le stockage massif du cobalt dans les entrepôts des entreprises minières en RDC est devenu une préoccupation majeure. La mise en place de ce système de quotas permettra ainsi aux producteurs de cobalt de reprendre leurs exportations, tout en espérant stabiliser les prix sur le marché mondial.
Kinshasa, en limitant ses exportations, cherche à exercer un contrôle accru sur les cours de ce métal, dont la baisse a été particulièrement marquée ces trois dernières années. En effet, la Chine domine le secteur du raffinage du cobalt, ce qui complique davantage la situation pour la RDC, qui représente à elle seule 75 % de la production mondiale.
Avec cette nouvelle approche, le gouvernement congolais espère non seulement relancer l'exportation de cobalt, mais aussi améliorer ses recettes fiscales et soutenir l'économie nationale. Toutefois, les acteurs du marché restent sceptiques quant à l'impact réel de cette mesure sur les prix mondiaux du cobalt.
Des perspectives incertaines pour l'industrie minière
L'avenir des exportations de cobalt de la RDC semble donc incertain, malgré les nouvelles réglementations. Alors que le pays cherche à naviguer dans un marché complexe, les tensions géopolitiques et les fluctuations économiques mondiales pourraient influencer les résultats.
La mise en place de quotas pourrait également soulever des questions sur la transparence et la gestion des ressources. Les observateurs locaux et internationaux scruteront de près la mise en œuvre de cette politique, espérant qu'elle conduise à une meilleure gestion des ressources naturelles du pays, tout en protégeant les intérêts économiques de la RDC sur la scène mondiale.
Céleste Z