Les rebelles du M23, appuyés par l’armée rwandaise selon plusieurs sources locales, ont pris le contrôle, mardi 29 avril, de la localité minière de Kadasomwa, dans le territoire de Kalehe. Cette avancée militaire stratégique intervient quelques jours à peine après la signature, à Washington, d’une déclaration de principes entre Kinshasa et Kigali, censée relancer les efforts de paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.
L’offensive lancée en début d’après-midi a donné lieu à d’intenses combats contre les résistants Wazalendo, qui tentaient de défendre la localité. Située sur l’axe Bukavu-Kalehe, Kadasomwa est considérée comme un point névralgique du dispositif sécuritaire régional. Sa chute aux mains du M23 marque une détérioration significative de la situation dans cette région en proie à l’instabilité.
Mais au-delà de sa valeur militaire, Kadasomwa revêt une importance économique majeure. Elle se trouve sur la route nationale n°3, reliant Bukavu à Kisangani, un corridor vital pour le commerce et le transit de minerais à travers des zones sensibles telles que Walikale et Lubutu. En s’emparant de cette position, le M23 étend son emprise sur les flux économiques régionaux.
La localité est également riche en ressources naturelles, notamment en or et en cassitérite, ce qui renforce l’hypothèse d’une stratégie mêlant objectifs militaires et contrôle des ressources. Pour de nombreux analystes, cette offensive vise aussi à s’approprier les circuits d’évacuation des minerais artisanaux, qui alimentent les réseaux de contrebande au service du mouvement rebelle.
Cette nouvelle poussée intervient malgré l’accord de cessation des hostilités signé le 23 avril à Doha. Depuis, le M23 a repris plusieurs positions qu’il avait précédemment abandonnées, remettant en question la sincérité de son engagement et la crédibilité des démarches diplomatiques en cours.
Selon plusieurs observateurs, la prise de Kadasomwa pourrait annoncer une offensive vers Walikale, au Nord-Kivu, avec pour objectif de sécuriser un large corridor minier s’étendant du Sud au Nord-Kivu. Une telle avancée permettrait au M23 de renforcer son ancrage territorial, de contourner les forces d’autodéfense locales et de menacer les lignes de ravitaillement de l’armée congolaise.
Une rencontre cruciale entre les autorités congolaises et rwandaises est prévue ce vendredi 2 mai à Washington. Elle vise à relancer le dialogue pour une paix durable dans l’Est de la RDC et à poser les bases d’une éventuelle intégration économique régionale.
Céleste Z.