Le cardinal Fridolin Ambongo Besungu a présidé une messe d'action de grâce le samedi 24 février 2024 à la cathédrale Notre-Dame du Congo, à Lingwala. Cette célébration, organisée par la CENCO, avait pour intention d'implorer la miséricorde de Dieu face au génocide à l'est de la République démocratique du Congo, perpétré par les terroristes du M23 sous le commandement du Rwanda.
Dans son sermon, l'archevêque de Kinshasa a exprimé sa profonde tristesse devant le massacre du peuple congolais qui est laissé à son triste sort. Il a également dénoncé l'indifférence de la communauté internationale et les ambitions expansionnistes de certains pays voisins du Congo, qui s'associent à des multinationales étrangères pour piller systématiquement les richesses de son sous-sol. Selon lui, cette alliance entre les agresseurs et les multinationales a pour conséquence de déposséder les paisibles citoyens congolais de leur dignité, « alors même qu'ils sont créés à l'image et à la ressemblance de Dieu. »
Le cardinal Ambongo, tout en priant pour la paix en Ukraine à l'occasion du deuxième anniversaire du conflit en cours, a exprimé le souhait que son pays bénéficie du soutien de la communauté internationale. Il a soulevé des interrogations quant à la partialité de l'Union européenne qui, malgré ses condamnations de l'implication directe du Rwanda et de son armée dans le soutien au groupe armé M23, a signé un accord de coopération minière durable avec le Rwanda pour des ressources pillées en RDC. L'archevêque congolais a remis en question la justice de juger des situations similaires de manière partiale en appliquant des règles différentes.
Selon le cardinal Ambongo, les récentes manifestations de la population congolaise sont un signal fort adressé à la communauté internationale. Elles indiquent clairement que le temps de complicité est révolu. Il dénonce le fait que dénoncer les agresseurs sans mettre fin au cycle de l'agression et financer la guerre par de tels accords est une stratégie de diversion.
Dans un contexte où l'intégrité territoriale et la souveraineté nationale sont mises à rude épreuve, l'archevêque appelle la Nation congolaise à s'unir dans le but de faire face à l'ennemi. Il exhorte les acteurs politiques à se regrouper et à se soutenir mutuellement autour du chef de l'État, afin de travailler en harmonie et de rétablir la paix. Le cardinal demande au président congolais, qui a placé la paix au cœur de son deuxième mandat, de s'impliquer sans relâche ni compromis pour encourager les institutions du pays et les citoyens congolais à œuvrer en faveur de la justice, de la paix et de la réhabilitation de la dignité nationale.
Ecomine.cd