La Gécamines est en train de mener des négociations avec des investisseurs étrangers actifs dans l'exploitation du cuivre et du cobalt en République démocratique du Congo (RDC). Son objectif est d'accroître son contrôle sur les ressources minières afin d'augmenter les recettes générées par le secteur.
La Gécamines vise à obtenir des sièges supplémentaires au sein des conseils d'administration de ses coentreprises. C'est une nouvelle approche de négociation annoncée par le président de la société minière nationale, Guy Robert Lukama, dans le cadre des efforts visant à renforcer l'influence de la Gécamines dans la gestion des mines de cuivre et de cobalt en RDC.
Selon ses déclarations relayées par Reuters, « la présence de cadres locaux au sein des conseils d'administration pourrait améliorer la transparence, le suivi des projets de développement communautaire, ainsi que le respect des règles concernant le contenu local et la formation du personnel congolais ». Pour atteindre cet objectif, la Gécamines envisage de réviser les contrats qui la lient aux investisseurs étrangers.
Dans le passé, la Gécamines était l'un des principaux producteurs mondiaux de cuivre, mais ses performances ont diminué en raison de prix bas et de manque d'investissements. Pour relancer la production de cuivre et de cobalt, la RDC a fait appel à des investisseurs étrangers, principalement chinois, qui ont obtenu des droits d'exploitation sur plusieurs mines.
M. Lukama remet en question la décision de céder la plupart des meilleurs actifs de la Gécamines à des tiers dans le seul but d'attirer des investissements directs étrangers. Maintenant que la dette a été remboursée, il se demande pourquoi ces investisseurs devraient conserver ces droits d'exploitation à 100 %. La Gécamines cherche donc à rectifier ces erreurs en révisant les termes des accords avec les investisseurs étrangers.
La Gécamines est une société minière congolaise contrôlée par l'État, fondée en 1966, et elle est spécialisée dans l'exploration, la recherche, l'exploitation et la production de gisements minéraux, notamment de cuivre et de cobalt.
Il est important de noter que la République démocratique du Congo (RDC) est le premier producteur mondial de cobalt, représentant plus de 80 % de l'offre mondiale en 2023, selon Cobalt Institute. De plus, le pays se classe également troisième producteur mondial de cuivre. Au cours des dernières années, la RDC a vu son pouvoir de négociation augmenter face à la demande croissante de ces deux métaux essentiels pour la transition énergétique.
L'année dernière, la Gécamines a réussi, après plusieurs mois de confrontation, à obtenir un paiement de 800 millions de dollars de la part de la société chinoise CMOC pour régler un différend concernant les redevances minières. De plus, la Gécamines a négocié le droit d'acquérir une partie de la production de cuivre et de cobalt de la mine Tenke, correspondant à sa participation de 20% dans le projet, ainsi que 1,2 milliard de dollars de dividendes sur la durée de vie restante de la mine.
Ecomine.cd