L'organisation de promotion et de protection des droits de l’homme, du droit humanitaire et de développement durable basée en RDC, Justicia ASbl via un communiqué rendu public, le mardi 20 février, se dit très inquiète de la signature d'un protocole d'accord entre l'Union européenne (UE) dans le cadre de sa stratégie "Global Gateway 1" et le Rwanda sur les chaines des valeurs durables pour les matières premières. Dans la même veine, elle crie à un scandale diplomatique.
5 domaines dont le renforcement du devoir de diligence et de la traçabilité, la collaboration dans la lutte contre le trafic illicite des matières premières... concernent ce protocole d'accord.
"En attendant que ce protocole d’accord soit disponible pour en lire le contenu et l’analyser, en tant qu’organisation citoyenne et profondément ancrée dans la défense des valeurs de paix, de respect des droits humains et du développement durable, nous nous estimons en droit d’émettre nos inquiétudes au sujet de la signature de ce protocole d’accord", renseigne le communiqué.
Justicia ASbl, a du mal à digérer que l'UE qui se veut "gardienne des valeurs universelles de paix, de démocratie, du respect des droits de l’homme et du développement durable" puisse signer ce protocole d’accord qui va manifestement en contradiction flagrante avec le traité portant sur son fonctionnement, dans un contexte où le Rwanda, a envahi la
République démocratique du Congo militairement en passant par le groupe terroriste du Mouvement du 23 mars (M23).
Par ailleurs, l'article 3 du traité de Lisbonne sur les objectifs de l’UE stipule entre autres que l'institution de 28 pays doit contribuer à la paix et à la sécurité, ainsi qu’au développement durable de la planète; contribuer à la solidarité et au respect mutuel entre les peuples, au commerce libre et équitable, à l’élimination de la pauvreté et à la protection des droits de l’homme; de respecter strictement le droit international.
DES CONDAMNATIONS DU RWANDA SUR FONDS DE COMPLAISANCE
Pour Justicia ASbl, les condamnations du Rwanda par plusieurs institutions internationales ne sont qu'une complaisance d'autant plus qu'elles ne débouchent pas sur de véritables sanctions et de fortes mesures contre le pays de Paul Kagame.
Il s'agit entre autres de l'Assemblée nationale française, le Conseil de sécurité des Nations Unies, l’UE, les États-Unis d'Amérique et bien d’autres pays et institutions internationales qui ont
reconnu l’implication directe du Rwanda dans la recrudescence de l’insécurité dans la partie.
UNE PRIME À L'IMPUNITÉ
Dans la même optique, cette organisation des droits de l'homme voit cette signature comme une prime à l'impunité pour des crimes commis sur le sol congolais et qui ne cessent de perdurer. L' UE devrait pourtant être solidaire à l'endroit des Congolais victimes de la guerre dans l'est en lieu et place de signer un accord.
"C’est dans ce contexte que l’UE devrait montrer sa solidarité à l’égard d’une population congolaise victime plutôt que de signer avec son bourreau un protocole d’accord portant sur les chaines des valeurs durables des matières premières que le Rwanda pille en République Démocratique du Congo.
Ce protocole d’accord est un scandale diplomatique, quoi de plus normal que tous les citoyens européens et du monde épris de justice, de paix et des valeurs universelles ne puissent que le dénoncer et combattre. En outre, dans les mêmes contextes et circonstances de faits, l’Union européenne pourrait-elle signer un accord avec la Russie portant sur les chaines des valeurs durables des minerais extraits par elle en Ukraine?", a fait savoir l'institution dirigée par Me Timothée Mbuya, en s'interrogeant si l'organisation ayant son siège à Bruxelles peut signer un pareil accord avec la Russie de Vladimir Poutine portant sur les chaînes des valeurs durables des minerais extraits par elle en Ukraine.
Gloire BK