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Exécution du budget 2025 en RDC : l'ODEP fustige l’inaction de l’État face aux urgences sociales

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Florimond Muteba, PCA de l'ODEP.

Alors que la République Démocratique du Congo traverse une crise profonde marquée par des conflits armés, une crise humanitaire persistante, l’insécurité alimentaire et l’effondrement des services sociaux de base, l’exécution du budget national au premier trimestre 2025 révèle un tableau alarmant. 

Selon un rapport de l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP), publié le 07 août 2025, les dépenses publiques dans les secteurs sociaux les plus sensibles peinent à décoller, malgré des allocations budgétaires initialement ambitieuses.

Un écart inquiétant entre promesses et réalité

Sur les crédits votés pour les secteurs prioritaires, seuls 17 % ont été exécutés pour la santé et l’éducation, 4 % pour les affaires économiques, incluant l’agriculture, et 21 % pour la protection sociale. Des chiffres qui illustrent, selon l’ODEP, un "décalage préoccupant entre les urgences humanitaires et les réponses budgétaires concrètes".

L’agriculture, grande oubliée

Considérée comme un levier essentiel pour la souveraineté alimentaire et la création d’emplois, l’agriculture reste marginalisée avec seulement 2 % des crédits exécutés. Une situation incompréhensible dans un pays où une large partie de la population dépend encore de l’agriculture de subsistance.

L’éducation gratuite sous-financée, la santé publique inaccessible

L’éducation gratuite, l’un des rares acquis sociaux récents, souffre d’un sous-financement chronique, aggravé par une centralisation excessive des ressources. Quant à la santé publique, elle demeure largement inaccessible dans les zones rurales et celles affectées par les conflits, accentuant les inégalités territoriales.

Des recommandations pour un sursaut

Face à cette inertie, l’ODEP appelle à une reprogrammation urgente des dépenses publiques, en faveur des secteurs à fort impact social. L’organisation plaide aussi pour une modernisation de la chaîne d’exécution budgétaire, ainsi qu’un renforcement du contrôle citoyen et institutionnel.

"Dans un pays en guerre, exécuter le budget, c’est protéger des vies", souligne l’ODEP, rappelant qu’un budget ne se limite pas à un document comptable, mais représente un engagement moral envers le peuple. L’inaction, prévient-elle, entretient l’injustice sociale, affaiblit la légitimité de l’État et compromet durablement la paix.

Ecomine.cd