La colère gronde dans l’administration publique congolaise. Au septième jour du mois d’août, de nombreux fonctionnaires attendent toujours leur salaire. Une situation qui suscite indignation et frustration, au point de transformer le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, en principal bouc émissaire d’une crise budgétaire qui s’éternise.
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont virulentes. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer non seulement le retard dans la paie, mais aussi le manque de transparence et d'efficacité au sommet du ministère des Finances.
"Trop de mensonges de la part de Doudou Fwamba. Jusqu’à ce 7 août, plusieurs fonctionnaires n’ont pas encore touché leur salaire. Nous exigeons son départ du gouvernement Suminwa", fustige un fonctionnaire de l'État.
Des fonctionnaires humiliés et précarisés
Ce retard dans le paiement des agents de l’État n’est pas anodin. Il plonge des milliers de familles dans l’angoisse financière. Incapables de payer leur loyer, d’acheter les biens de première nécessité ou de faire face à des engagements personnels, de nombreux fonctionnaires se voient contraints de s’endetter, parfois à des taux d’intérêt exorbitants, pour tenir jusqu’à la prochaine paie.
Une situation qualifiée « d’humiliante » pour ceux qui, chaque jour, assurent le fonctionnement de l’État.
« Ce qui se passe est une honte nationale. Comment peut-on parler de redressement économique alors que les agents publics doivent quémander leur salaire ? », s’indigne un syndicaliste contacté par notre rédaction.
Un ministère sous pression
En tant que chef de l’administration des finances publiques, Doudou Fwamba est pointé du doigt pour son incapacité à mobiliser les recettes et à suivre les assignations budgétaires. Selon certaines sources internes, les retards seraient liés à une désorganisation chronique, une absence de planification rigoureuse, et une volonté manifeste de dissimuler les tensions de trésorerie.
Des appels à son éviction du gouvernement Suminwa se multiplient. Pour les syndicats, le maintien de Fwamba à son poste constitue désormais une menace directe pour la stabilité du service public.
Tensions sociales en vue
Entre pleurs, grincements de dents et grogne syndicale, la crise de confiance s’installe. La situation pourrait rapidement dégénérer si des solutions urgentes ne sont pas mises en œuvre. Le spectre d’un mouvement de grève général plane sur les institutions.
Alors que le pays s’efforce de redorer son image économique sur le plan international, cette affaire jette une lumière crue sur les failles de la gouvernance budgétaire. Pour nombre d'observateurs, ce scandale n’est pas seulement une affaire de salaire en retard : c’est une crise de leadership et de responsabilité au sommet de l’État.
Raül Mayombo