Face à la pression croissante exercée sur les finances publiques par la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo, le président Félix Antoine Tshisekedi a exhorté le gouvernement à engager sans délai un redressement budgétaire. L’appel a été lancé lors du Conseil des ministres tenu le vendredi 2 mai 2025 à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa.
Le chef de l’État a alerté sur l’impact économique de ce conflit, qui alourdit considérablement les dépenses sécuritaires dans un contexte de ressources limitées.
“Cette situation nécessite un contrôle rigoureux du cadre macroéconomique afin de préparer le terrain pour un développement accéléré”, a-t-il déclaré.
Pour Tshisekedi, la priorité doit être donnée à une meilleure mobilisation des recettes. Mais il prévient : les effets des réformes fiscales prendront du temps à se faire sentir. En revanche, la rationalisation des dépenses publiques, selon lui, pourrait produire des résultats plus rapides. Il en fait ainsi un axe stratégique de redressement.
Le président a également souligné que cette rigueur budgétaire est essentielle pour améliorer la situation monétaire nationale. Elle permettrait, entre autres, de maintenir une politique monétaire restrictive, de contenir l’inflation et de stabiliser le taux de change — un enjeu majeur dans la lutte contre la dollarisation de l’économie.
Tshisekedi a rappelé les engagements pris par la RDC auprès des institutions de Bretton Woods, notamment dans le cadre des accords avec le Fonds monétaire international à travers la Facilité élargie de crédit et la Facilité pour la résilience et la durabilité. Il a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et transparente des finances publiques.
Dans cette optique, le président a ordonné l’audit des structures administratives récemment créées afin d’en évaluer la pertinence et l’efficience, y compris au sein de son propre cabinet.
“Chaque franc dépensé doit désormais faire l’objet d’une évaluation en termes d’impact et de valeur ajoutée”, a-t-il martelé.
Enfin, Félix Tshisekedi a plaidé pour une offre économique innovante, condition sine qua non, selon lui, pour financer les projets structurants et améliorer le bien-être des Congolais. Un effort qui, a-t-il rappelé, ne pourra réussir sans un assainissement durable des finances publiques.
Céleste Z.