La Ligue Congolaise de Lutte contre la Corruption (LICOCO) a alerté l’Inspecteur Général des Finances, Jules Alingete, sur une autorisation d’emprunt jugée "illégale" accordée au gouverneur de la province du Kongo-Central. Selon cette organisation de la société civile, le président de l’Assemblée provinciale a outrepassé ses prérogatives en permettant un emprunt de 20 millions USD à la BGFI BANK, en violation de l’article 40 de la loi sur la libre administration des provinces.
Cette dénonciation est faite dans une correspondance de LICOCO, signée par Ernest Mpararo, dont une copie a été consultée par notre rédaction ce lundi 20 janvier 2025.
En effet, le gouverneur avait initialement sollicité un emprunt de 15 millions USD pour financer divers projets, notamment l'achat d'engins lourds et la construction d'un nouveau siège pour l'Assemblée provinciale. Lors d'une plénière du 30 octobre 2024, le président de l'Assemblée provinciale de cette province a proposé d'examiner cette demande en commission ECOFIN, une démarche qui n'a cependant pas été respectée.
Malgré cette résolution, "il a été révélé que le président de l'Assemblée a accordé, de manière informelle, une autorisation d'emprunt sans que la question ne soit soumise à des délibérations en plénière. Pire encore, le montant final de l'emprunt a été porté à 20 millions USD, soit 5 millions de plus que la demande initiale du gouverneur", peut-on lire dans cette correspondance adressée à Jules Alingete.
Pour la LICOCO, "cette procédure a contourné les exigences légales et réglementaires, laissant planer des interrogations sur la validité des projets à financer". L'association a mis en avant plusieurs points critiques, notamment l'état actuel de la dette de la province et la pertinence des projets proposés, qui demeurent flous.
Les inquiétudes se portent également sur la gestion des fonds, notamment l'affectation d'une part significative de l'emprunt à des projets jugés non prioritaires, tels que la construction d'un nouveau siège pour l'Assemblée, alors que celle-ci dispose déjà de locaux. Cela soulève des questions sur la rationalité de financer des dépenses de fonctionnement par le biais d'emprunts.
Dans cette optique, la LICOCO appelle à l'implication de l'Inspecteur Général pour stopper cette opération jugée illégale, qui pourrait nuire aux intérêts de la population du Kongo Central. L'association exhorte également la BGFI BANK à ne pas tenir compte de cette autorisation, jugée irrégulière, afin de préserver les ressources publiques et éviter des détournements de fonds.
Céleste Z