La société civile de la République démocratique du Congo a exprimé ses vives inquiétudes concernant le projet de loi de finances (PLF) 2025 lors d'une conférence de presse tenue le samedi 21 décembre 2024 à Kinshasa. Bishop Abraham Djamba, directeur exécutif du Réseau gouvernance économique et démocratie (REGED), a révélé que ce projet de loi ne s'aligne pas avec le Plan national de développement stratégique (PNDS) 2024-2025, récemment adopté par le gouvernement.
Il a souligné que le PLF 2025 ne repose sur aucun document programmatique et a été préparé avant l'adoption officielle du PNDS, qui a eu lieu le 6 décembre 2024.
"Le projet de loi a été déposé à l'Assemblée nationale le 15 décembre 2024, ce qui montre une déconnexion flagrante entre les priorités budgétaires et les objectifs stratégiques du pays", a-t-il déclaré.
En effet, la société civile a également mis en lumière les implications du Cadre budgétaire moyen terme (CBMT) 2025-2027 et du Cadre de dépenses à moyen terme (CDMT), qui ne reflète pas les priorités d'un PNDS élaboré et adopté. En réponse à cette situation, elle appelle le gouvernement à organiser des consultations élargies avec toutes les parties prenantes, afin d'élaborer un PNDS qui soit en adéquation avec la loi de finances 2025.
C'est Ainsi que Bishop Djamba a insisté sur l'importance de ces consultations, affirmant que "le gouvernement doit impérativement adapter la loi de finances 2025 au PNDS". Cette démarche, selon lui, est essentielle pour garantir que les priorités des citoyens soient effectivement prises en compte dans les décisions budgétaires.
C'est quoi le PNDS ?
Le Plan National de Développement Stratégique (PNDS) est un outil de planification qui vise à orienter le développement économique, social et environnemental d'un pays sur le long terme. Il est conçu pour établir des priorités claires et des objectifs spécifiques, permettant ainsi de répondre aux enjeux nationaux et aux besoins de la population. En intégrant les contributions des différents acteurs, tels que le gouvernement, la société civile et le secteur privé, le PNDS favorise une approche collaborative et inclusive dans la formulation des politiques publiques.
Ce plan comprend généralement une analyse de la situation actuelle, des stratégies de mise en œuvre et des indicateurs de performance pour évaluer les progrès. Il aborde des thématiques variées, telles que la lutte contre la pauvreté, l'amélioration des infrastructures, l'éducation, la santé et la durabilité environnementale.
En servant de feuille de route, le PNDS permet de coordonner les efforts de développement, d'attirer des investissements et de mobiliser les ressources nécessaires pour atteindre une croissance durable et inclusive, tout en s'adaptant aux évolutions économiques et sociopolitiques.

Cadre macroéconomique douteux
Il faut noter qu'un autre point de préoccupation soulevé par la société civile est la fiabilité du cadre macroéconomique. Elle a critiqué les indicateurs macroéconomiques présentés, les qualifiant de surestimés et peu représentatifs de la réalité économique du pays. Le taux d'inflation projeté à 10,30 % pour 2025 est jugé "irréaliste", surtout après une prévision de 17,50 % pour 2024, sans changements significatifs dans l'environnement économique.
Recommandations
Concernant les recommandations, la société civile a suggéré au gouvernement d'augmenter les prévisions de la ligne sur la vente de permis de conduire, visant 123 493 920 000 CDF, soit environ 41,8 millions USD pour 1,5 million de permis. En outre, elle appelle à ce que les crédits alloués à la santé atteignent 15 %, conformément aux accords d'Abuja, et que le budget de l'éducation soit porté à 20 %, en respect des engagements internationaux.
Concernant la sécurité, la société civile recommande au gouvernement d'allouer au moins onze milliards de francs congolais (11.000.000.000 FC) en ce secteur qui porterait ce crédit pour chaque territoire à au moins 2.140 USD par mois, par territoire, ce qui pourrait représenter un minimum acceptable pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens par les Comités de Sécurité des Territoires.
Il est important de marteler que ces préoccupations mettent en lumière la nécessité d'un dialogue constructif entre le gouvernement et la société civile. Alors que la préparation du budget est en cours, il est crucial que les voix des citoyens soient entendues et prises en compte pour assurer un développement harmonieux et équitable du pays.
Céleste Z