Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) fixe des ambitions fiscales élevées pour le mois de décembre 2024, avec une prévision de recettes s’élevant à 1.476,4 milliards de CDF. Cette projection, issue du plan de trésorerie prévisionnel, a été discutée lors d'une réunion de conjoncture économique de la Banque Centrale du Congo (BCC).
Cependant, les défis financiers auxquels fait face le pays demeurent préoccupants. Les dépenses gouvernementales pour la même période sont estimées à 2.239,7 milliards de CDF, ce qui laisse présager un déficit considérable. En novembre, l’exécution du plan de trésorerie a déjà révélé un écart de 651,6 milliards de CDF, bien au-delà du déficit initialement prévu de 305,1 milliards.
Solutions pour faire face à la situation économique préoccupante
Pour pallier ce déficit, le gouvernement a eu recours à des titres publics, générant un montant de 457,2 milliards de CDF, ainsi qu’à une partie de la marge de trésorerie déjà constituée, qui s’élevait à 194,4 milliards de CDF. Ce recours à l’endettement souligne la fragilité de la situation financière de l'État.
Malgré ces difficultés, la Banque Centrale du Congo (BCC) a rapporté que les recettes publiques pour novembre 2024 ont atteint 2.476,6 milliards de CDF, représentant un taux de réalisation de 98,1 %. Ce chiffre, bien qu’impressionnant, masque des disparités importantes au sein des différentes administrations fiscales.
Recettes mobilisées par les différentes entreprises publiques
La Direction Générale des Impôts (DGI) a enregistré une contreperformance, atteignant seulement 1.539,2 milliards de CDF sur un objectif de 1.652,9 milliards. En revanche, les performances de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) et de la Direction Générale des Recettes Administratives, Domaniales, Judiciaires et de Participation (DGRAD) montrent des résultats positifs, avec des hausses respectives de 7,7 % et 12,1 %.
Ces résultats contrastés soulignent l’importance d’une révision des stratégies fiscales. Les autorités doivent analyser en profondeur les causes de la contreperformance de la DGI et envisager des mesures pour améliorer la collecte des impôts. La nécessité d'une réforme fiscale s'avère plus pressante que jamais.
Il est important de noter que la RDC fait face à un défi de taille en matière de mobilisation des recettes fiscales. Si le gouvernement souhaite garantir la viabilité de ses finances publiques, il devra non seulement travailler à réduire les déficits, mais également optimiser l’efficacité de ses administrations fiscales.
L’avenir économique du pays dépendra ainsi de la capacité des dirigeants à naviguer dans ces eaux tumultueuses, tout en assurant une croissance durable et inclusive pour tous les Congolais.
Céleste Z