La situation des finances publiques de la République Démocratique du Congo est complexe et comporte des défis importants. La RDC est un pays riche en ressources naturelles, mais la gestion de ses ressources a souvent été entachée par la corruption, les détournements de fonds, une faible transparence... Ce pays aux dimensions continentales est confronté à des défis majeurs en matière de gestion des finances publiques, notamment en raison de la corruption, de la faiblesse des institutions, de la dépendance excessive à l'égard des ressources naturelles, et de l'insuffisance des recettes fiscales.
Félix Tshisekedi, le président de la République Démocratique du Congo, a, lors de son discours d'investiture, le 20 janvier 2024, exprimé son engagement à assainir les finances publiques de la RDC. Pour y parvenir, Ecomine.cd déballe les défis majeurs à relever.
Lutte contre la corruption
La corruption est un problème majeur qui affecte la gestion des finances publiques en RDC. Des rapports indiquent que la corruption est répandue à tous les niveaux du gouvernement, ce qui nuit à la transparence et à l'efficacité de la gestion des fonds publics. Cela a un impact direct sur la capacité du gouvernement à financer des programmes et des services essentiels pour la population.
Selon le dernier classement de Transparency International sur l'indice de perception de la corruption pour l'année 2023, la RDC est placée à la 162e place sur 184 pays évalués. Ce qui démontre que la RDC a encore du pain sur la planche en matière de lutte contre la corruption sur son territoire.
Veiller sur la bonne marche des services d'assiettes
Les institutions chargées de la gestion des finances publiques en RDC souffrent d'une faible capacité et de lacunes en matière de gouvernance. Les systèmes de collecte des impôts et de contrôle des dépenses sont souvent inefficaces, ce qui entraîne une mauvaise utilisation des ressources publiques et une gestion inadéquate de la dette publique.
Selon l'Observatoire de la Dépense Publique, en RDC, les régies financières et les services d’assiettes travaillent comme des électrons libres. Aucune réforme fiscale n’est envisagée depuis 2019.
En outre, le faible taux de recouvrement des impôts en RDC limite les ressources disponibles pour le gouvernement. De nombreuses entreprises et individus échappent à l'impôt, ce qui réduit les recettes fiscales et entrave la capacité du gouvernement à financer ses activités.
Le désenclavement de l'économie minière
La dépendance excessive de la RDC à l'égard des ressources naturelles, telles que le pétrole, les minéraux et les ressources forestières, constitue un autre défi majeur pour les finances publiques. Cette dépendance rend l'économie vulnérable aux fluctuations des prix mondiaux des matières premières, ce qui peut avoir un impact négatif sur les recettes fiscales et sur la capacité du gouvernement à financer ses programmes.
L’économie minière de la RDC est enclavée à cause de son caractère totalement rentier, c’est-à-dire, trop dépendante de la collecte des taxes et impôts. Ce qui constitue, un sérieux obstacle au développement.
Il est souhaitable que la gouvernance minière de la RDC passer au stade de la transformation locale pour donner de la valeur ajoutée à ses matières premières.
Pour relever ces défis de façon efficace, la RDC doit s'attaquer à la corruption et renforcer ses institutions pour garantir une gestion transparente et efficace des finances publiques. Des réformes fiscales et une amélioration du recouvrement des impôts sont également nécessaires pour augmenter les recettes fiscales et réduire la dépendance aux ressources naturelles. Enfin, des efforts concertés pour améliorer la gouvernance et la transparence sont essentiels pour garantir que les ressources publiques soient utilisées de manière efficace et efficiente pour le bien-être de la population congolaise.
Benjamin Nsapu