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RDC : « l’exécution des budgets de janvier 2019 à décembre 2022 n’a pas été conforme aux lois des finances y afférentes » (ODEP)

Florimond Muteba
Florimond Muteba, PCA de l'Observatoire de la Dépense Publique (ODEP).

L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a publié son étude, mardi 5 décembre, intitulée « les finances publiques : un débat délibérément ignoré au cours de la campagne pour la présidence de la RDC 2019-2022 : bilan de la gestion des finances publiques et reformes proposées par l’ODEP ». 

L’ONG experte en finances publiques note dans son étude que l’exécution des budgets en RDC de janvier 2019 à décembre 2022 n’a pas été conforme aux lois des finances y afférentes.

« De ce qui précède, nous estimons que l’exécution des budgets de janvier 2019 à décembre 2022 n’a pas été conforme aux lois des finances y afférentes. Il y a l’inadéquation entre la vision et la programmation, la budgétisation, l’exécution, le suivi-évaluation. Elle n’a permis ni de créer des richesses ni de promouvoir une croissance économique pro-pauvre ni d’améliorer les conditions sociales de la population », indique l’ODEP.

L’Observatoire de la Dépense Publique énumère les facteurs ayant caractérisé la gouvernance des finances publiques de 2019 à 2022.  

« L’absence de justice sociale dans la répartition des richesses nationales, le manque de transparence et l’absence de discipline budgétaire, le manque d’équité dans la gestion des finances publiques sont les facteurs ayant caractérisé la gouvernance des finances publiques de 2019 à 2022. Le déficit de suivi et de contrôle par le Parlement, l’Inspection Générale des Finances et la Cour des Comptes, dans l’exécution du budget. Conséquences, l’atteinte des résultats de la mise en œuvre du programme d’actions du gouvernement reste faible », note l’ODEP. 

L’ONG note aussi qu’au 31 janvier 2023, la situation de nos finances publiques fut très préoccupante, avec un déficit budgétaire de 491 milliards de Francs Congolais.

« Une gouvernance budgétaire assise sur des telles faiblesses n’a permis ni de créer des richesses ni d’améliorer les conditions sociales de la population, et encore moins d’être susceptible de rendre effective la décentralisation, telle que prévu par la Constitution. Elle place difficilement le pays sur la voie vers l’émergence », déplore l’ODEP. 

Et d’ajouter :

« Ce bilan largement négatif ne peut pas être mis totalement sur le dos de SAMA LUKONDE. Il est partagé avec le gouvernement bis de la Présidence de la République : un Directeur de Cabinet, trois adjoints, 17 conseillers principaux à la tête de 17 collèges de conseillers, des conseillers spéciaux, des conseillers privés tous ayant rang de Ministres et assumant des tâches propres aux Ministères Sectoriels du Gouvernement ».

Cette plateforme de la société civile déplore aussi le manque de considération des questions relatives aux finances publiques par les candidats présidents pendant la campagne électorale en cours en RDC.