La République Démocratique du Congo, Pays-Solution, possédera bientôt ses propres données scientifiquement prouvées sur son énorme potentiel forestier. La ministre de l'Environnement Ève Bazaïba a posé, jeudi 11 avril à l'Université de Kinshasa (UNIKIN), la première pierre pour la construction du bâtiment qui abritera le Système National de surveillance Forestière en RDC.
Ce projet ambitieux lancé par le gouvernement congolais est fait en partenariat avec la Wildlife Works Carbon (WWC).
Cette initiative vise à utiliser des technologies de pointe pour surveiller et protéger les précieuses ressources forestières de la nation, tout en luttant contre la déforestation et la dégradation forestière.

Selon la ministre de l’environnement Eve Bazaiba, ce centre va permettre à la RDC d’avoir ses propres données sur ses forêts au lieu de toujours dépendre des données extérieures.
« Le projet nous permettra de mieux connaître, contrôler, et surveiller par nous-même, notre riche couvert forestier pour le protéger et le valoriser nous-mêmes, contrairement à la situation actuelle où nous dépendons des connaissances, analyses, prédictions et autres apports cognitifs extérieurs », a-t-elle dit.
Par ailleurs, pour le directeur technique de ERA Congo - première entreprise privée, qui est parvenue à vendre du crédit carbone en RDC - le pays a droit d’utiliser ses ressources forestières pour se développer. Ceci doit passer par la connaissance de ces forêts. C’est la raison pour laquelle sa société appuie la construction de ce centre.
«(…) Nous avons estimé que oui, nous allons certainement consommer des ressources forestières mais cela doit se faire de manière raisonnée et suivant un plan directeur d’aménagement du territoire assorti d’un plan d’affectation des terres qui lui-même doit être appuyé par des connaissances approfondies de nos forêts allant de Miombo aux forêts équatoriales sempervirentes en passant par les forêts secondaires », a précisé Dodo Ndonda.
Et d'ajouter :
« C’est la raison d’être de ce bâtiment qui est destiné à abriter les laboratoires et les salles de formation dans le but de produire l’information nécessaire et la masse critique d’experts dans le domaine », a-t-il poursuivi.
En dehors de la construction de ce bâtiment et son équipement en matériels de télédétection, le gouvernement congolais et WWC ont également convenu d’appuyer le renforcement des capacités des enseignants du département des gestions des ressources naturelles de la faculté des Sciences de l’Université de Kinshasa et des agents du ministère de l’environnement. Lesdites formations seront dispensées tantôt sur place ,tantôt à l’Université du Dakota du Sud aux Etats-Unis.
À noter que la supervision des travaux a été confiée au Bureau central de coordination (BCECO) dont le directeur général Mabi Mulumba a expliqué que ce bâtiment d’un rez-de-chaussée et 3 étages sera érigé sur un espace de 2944 m². Il comprendra un hall d’entrée, 4 auditoires dont chacun accueillera 100 étudiants, des bureaux de l’administration, 8 laboratoires, une salle électrique et une autre pour le serveur informatique, des locaux de services, des locaux sanitaires ainsi que 2 passerelles aux étages 1 et 3.
En unissant leurs efforts, le gouvernement et Wildlife Works Carbon démontrent leur engagement envers la préservation de l'environnement et la conservation de la biodiversité en République démocratique du Congo.
Benjamin Nsapu