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Financement de la protection de l'environnement : le bassin du Congo mobilise 25 fois moins de financements que l’Amazonie

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Fleuve Congo et sa flore.

Une étude menée par la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) et le Fonds mondial pour la nature (WWF) révèle un déséquilibre alarmant dans les financements alloués à la protection de l'environnement entre le bassin du Congo et l'Amazonie.

Entre 2017 et 2021, seulement 40 millions de dollars ont été investis dans la foresterie et la préservation de l'environnement dans le bassin du Congo, comparé à un milliard de dollars pour l'Amazonie. Cette disparité inquiétante de financement met en lumière le manque d'attention et de ressources allouées à la préservation de cette région cruciale pour la diversité biologique de la planète et place le bassin du Congo en dernière position parmi les trois grandes forêts tropicales mondiales, derrière l'Amazonie et le Mekong-Borneo.

Alors que l'Amazonie bénéficie de financements massifs pour des programmes de conservation et de reboisement, le bassin du Congo reçoit 25 fois moins de financements pour sa protection que l'Amazonie et peine à attirer l'attention des bailleurs de fonds internationaux. Pourtant, cette région abrite une incroyable variété d'espèces animales et végétales, dont de nombreuses sont endémiques et menacées d'extinction.

« Les procédures administratives sont très lourdes en Afrique centrale, ce qui n’attire toujours pas les investisseurs et les organisations qui élaborent les projets ou qui apportent l’assistance technique pour l’élaboration des projets », explique le secrétaire exécutif adjoint et coordonnateur technique de la COMIFAC. Chouaibou Nchoutpouen s’est exprimé en marge d’un atelier de coordination de l’initiative Comifac-WWF, tenu les 27 et 28 février 2024 à Douala. Ce dernier a indiqué que les experts qui montent les projets sont parfois écartés au détriment d’autres personnes qui n’ont pas les compétences requises pour les élaborer. Conséquences, « ces projets sont mal ficelés et ne sont pas bancables ; finalement, il n’est pas possible de mobiliser des financements », poursuit Chouaibou Nchoutpouen.

À côté des problèmes de gouvernance, le secrétaire exécutif adjoint et coordonnateur technique de la COMIFAC a évoqué l’insécurité, notamment des rébellions et des guerres dans des pays comme la Centrafrique ou la RDC. Une situation qui n’est guère favorable à l’investissement, car « ces financiers ne sont pas que des philanthropes, beaucoup attendent un retour sur investissement et sont plus enclins à s’engager dans des zones plus ou moins sécurisées ».

Cependant, les experts soulignent l'urgence d'agir pour protéger le bassin du Congo et sa biodiversité unique. Des mesures doivent être prises rapidement pour renforcer les efforts de conservation, sensibiliser le public à l'importance de cette région et mobiliser davantage de financements pour sa préservation à long terme.

Il est impératif que la communauté internationale se mobilise pour combler ce fossé financier et garantir la protection adéquate du bassin du Congo, afin de préserver sa biodiversité exceptionnelle pour les générations futures.

Benjamin Nsapu