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80ᵉ session ordinaire de l’Assemblée générale de l'‎ONU : avec 70 % du cobalt mondial et un PIB par habitant de 650 $, Tshisekedi appelle à une réforme de la gouvernance économique mondiale

Président Félix Antoine Tshisekedi
Président Félix Antoine Tshisekedi

À la tribune des Nations Unies, lors de la 80ᵉ session ordinaire de l’Assemblée générale, le Président de la République Démocratique du Congo (RDC), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a mis en avant les atouts mais aussi les contradictions de son pays : d’un côté, une puissance minière et écologique mondiale, de l’autre, une population encore confrontée à la pauvreté et aux conséquences des conflits.

‎La RDC détient près de 70 % des réserves mondiales de cobalt, élément clé pour les batteries et la transition énergétique. Elle possède également d’importantes ressources en cuivre, lithium, coltan et or, plaçant le pays au cœur des chaînes de valeur stratégiques.

‎Cependant, malgré ce potentiel, le PIB par habitant n’atteignait que 650 dollars en 2024 (FMI), tandis que plus de 6 Congolais sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté (Banque mondiale). Pour le Chef de l’État congolais, cette situation illustre la nécessité de rompre le cycle de la prédation économique afin que les richesses naturelles deviennent un véritable moteur de développement inclusif.

‎Une réforme de l’architecture financière internationale

‎Dans son allocution, Félix Tshisekedi a insisté sur la réforme urgente de l’architecture financière mondiale. Les besoins additionnels pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) en Afrique sont estimés à 1 600 milliards de dollars d’ici 2030, alors que le continent est confronté à une dette croissante et à des flux financiers illicites évalués à 90 milliards de dollars par an (CEA-ONU).

‎Tshisekedi a plaidé pour un accès élargi aux financements concessionnels, la recapitalisation des banques multilatérales de développement, et une meilleure lutte contre les sorties illicites de capitaux, qui fragilisent la stabilité macroéconomique et limitent les marges budgétaires.

‎‎Climat et énergie : la RDC comme pays-solution

‎Le discours a également mis en avant le rôle du pays dans la lutte contre le changement climatique. Le bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète, absorbe chaque année 1,5 milliard de tonnes de CO₂, jouant un rôle majeur dans l’équilibre climatique mondial.

‎Le Président a rappelé l’ambition du projet Grand Inga, qui, avec un potentiel hydroélectrique de 40 000 MW, pourrait fournir une énergie propre et compétitive, électrifier les territoires, soutenir l’industrialisation et renforcer l’intégration énergétique régionale.

‎Des avancées sociales encore fragiles

‎Sur le plan social, des progrès notables ont été enregistrés : la gratuité de l’enseignement primaire a permis à plus de 5 millions d’enfants de retrouver le chemin de l’école, et la mise en place progressive de la couverture santé universelle vise à élargir l’accès à des soins de qualité. La participation des femmes en politique a également augmenté, passant de 17 % en 2019 à 32 % en 2025.

‎Toutefois, seuls deux ODD consommation et production responsables (ODD 12) et lutte contre le changement climatique (ODD 13), semblent encore atteignables d’ici 2030. L’insécurité persistante dans l’Est du pays et la dépendance aux exportations minières (plus de 95 % des recettes d’exportation) restent des défis majeurs.

‎Il est important de souligner que, Félix Tshisekedi a réaffirmé que la RDC ne cherche « ni charité, ni commisération », mais aspire à la justice et à une gouvernance mondiale plus équitable. Fort de ses ressources naturelles, de son rôle écologique et de sa jeunesse dynamique, le pays entend se positionner comme un acteur central du développement durable et de la stabilité internationale.

Lovic-Benjamin.Nsapu