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Accord de paix signé à Washington : Thérèse Kayikwamba clarifie qu’« aucune contrepartie économique n’est prévue entre la RDC et le Rwanda »

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Thérèse Kayikwamba, ministre de Affaires étrangères de la RDC, photo prise lors de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, tenue le dimanche 26 janvier 2025.

Des réactions fusent de toutes parts, critiquant l’accord de paix récemment signé à Washington D.C entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. C’est dans ce contexte qu’un briefing presse s’est tenu le jeudi 3 juillet 2025, organisé par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, en présence de la ministre d’État et cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba, signataire de cet accord pour le camp congolais. Objectif : éclairer l’opinion publique sur plusieurs points sensibles.

Dès l’entame, Thérèse Kayikwamba a tenu à dissiper les malentendus concernant les implications économiques de cet accord. Elle a affirmé avec fermeté que l’accord ne comporte aucune contrepartie économique entre la RDC et le Rwanda. Selon elle, il s’agit exclusivement d’un pacte politique et sécuritaire, sans lien direct avec des engagements commerciaux ou financiers. « Cette précision est essentielle pour éviter toute interprétation erronée des intentions réelles des deux pays », a-t-elle insisté.

La ministre d’État a également répondu aux inquiétudes portant sur une éventuelle intégration généralisée des groupes armés. « Il n’est pas question d’une amnistie déguisée, mais plutôt d’un processus rigoureux qui respectera l’ordre républicain. Les groupes armés ne seront intégrés que sur la base de critères stricts, en tirant les leçons du passé », a-t-elle précisé.

Restaurer l’autorité de l’État et renforcer la stabilité

Sur le volet sécuritaire, Thérèse Kayikwamba a souligné que cet accord vise en priorité la restauration de l’autorité de l’État dans les zones actuellement occupées par des groupes armés, notamment le M23. Elle a estimé que ce processus est indispensable pour garantir la sécurité des populations civiles et stabiliser durablement l’Est du pays.

Kayikwamba

Par ailleurs, la ministre a mis en avant l’opportunité qu’offre cet accord pour permettre au gouvernement congolais de concentrer davantage ses efforts sur les priorités nationales de développement et de protection des populations vulnérables. « La fin des hostilités devrait faciliter une réallocation des ressources vers des projets structurants et l’amélioration des conditions de vie », a-t-elle ajouté.

Une dynamique régionale et diplomatique renforcée

Thérèse Kayikwamba a également insisté sur l’importance d’une coopération régionale constructive, estimant que seule une démarche inclusive entre États voisins permettra de prévenir la résurgence des conflits et d’assurer une paix durable. « Le dialogue et la confiance mutuelle sont essentiels pour pacifier la région et bâtir un avenir partagé », a-t-elle déclaré.

Pour sa part, le ministre Patrick Muyaya a replacé cet accord dans la vision stratégique du président Félix Tshisekedi, qui mise sur une coopération régionale plus forte et une prospérité partagée. « Cet accord ne représente pas une fin en soi, mais un engagement ferme en faveur de la reconstruction des communautés et d’une revitalisation des économies locales », a-t-il expliqué.

Patrick Muyaya a également évoqué la volonté du chef de l’État de restaurer la dignité des victimes des conflits passés, soulignant que cet accord doit être vu comme un pas important vers la réconciliation et la stabilité régionale. « Le partenariat qui pourrait s’établir avec le Rwanda et d’autres acteurs régionaux est fondamental pour bâtir un avenir meilleur, où les populations pourront bénéficier des fruits d’une collaboration pacifique et durable », a-t-il ajouté.

En définitive, Thérèse Kayikwamba et Patrick Muyaya ont clarifié les véritables enjeux de cet accord signé à Washington. En affirmant qu’aucune contrepartie économique n’est prévue, ils ont rappelé que l’objectif premier demeure le retour de la paix et le renforcement de l’autorité de l’État, tout en excluant toute concession susceptible de compromettre les intérêts stratégiques de la RDC.

Céleste Z