Une délégation de la République démocratique du Congo (RDC), conduite par Guylain Nyembo, vice-premier ministre et ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, a pris part à la 4ᵉ édition de la Conférence internationale sur le financement du développement, qui se tient du 30 juin au 3 juillet 2025 à Séville, en Espagne. Cet événement réunit des acteurs clés du développement mondial afin de débattre des enjeux majeurs affectant les pays en développement.
Lors de son intervention le 1er juillet 2025, Guylain Nyembo a délivré un message fort au nom du président de la RDC, Félix-Antoine Tshisekedi. Il a plaidé pour l’instauration d’un nouvel ordre économique mondial qui accorde enfin une place centrale à l’Afrique, afin que le continent ne soit plus marginalisé dans les grandes décisions stratégiques internationales. Le VPM a souligné l’urgence d’une coopération internationale repensée pour répondre aux multiples crises actuelles.

Évoquant des défis mondiaux tels que les pandémies, les conflits armés et les dérèglements climatiques, il a insisté sur la nécessité de revitaliser les mécanismes de coopération au développement, en misant sur la transparence et la responsabilité partagée. Pour lui, un « dépassement collectif » est indispensable pour relever ces défis communs.
Guylain Nyembo a également mis en avant les progrès accomplis par la RDC en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption. En moins de six ans, le pays a multiplié par quatre son budget national, illustrant sa volonté de transformation et de modernisation. Toutefois, il a critiqué les conditionnalités strictes imposées par certains bailleurs, qui freinent, selon lui, un développement réellement aligné sur les priorités locales.
Le vice-premier ministre a appelé de ses vœux une réforme de l’architecture financière mondiale, plaidant pour une représentation plus juste des pays africains au sein des institutions financières internationales. Il a également prôné la création d’instruments de financement plus flexibles, une meilleure coordination entre bailleurs et une allocation des fonds orientée vers les besoins définis par les pays eux-mêmes.
« La République démocratique du Congo plaide pour une représentation plus équitable des États au sein des institutions de Bretton Woods ; des instruments de financement plus flexibles, moins conditionnés à des politiques d’austérité susceptibles de conduire à des troubles sociaux ; une coordination renforcée entre bailleurs et une affectation judicieuse des financements vers les besoins réels définis par les pays eux-mêmes, pour éviter la fragmentation des appuis et leur utilisation pour des projets non structurants… La RDC soutient également une fiscalité mondiale plus juste », a-t-il déclaré.
Sur le plan climatique, le VPM a rappelé le rôle essentiel des forêts congolaises, qui couvrent plus de 60 % du bassin du Congo, dans la régulation climatique mondiale. Il a plaidé pour une reconnaissance pleine et entière des crédits carbone générés par ces forêts sur les marchés internationaux, estimant qu’elles doivent être rémunérées à la hauteur des services écologiques qu’elles rendent à l’humanité.
Enfin, lors d’une session parallèle consacrée au développement efficace, Guylain Nyembo a insisté sur l’importance d’utiliser des données fiables et de favoriser un dialogue inclusif pour améliorer l’impact de l’aide internationale. Il a proposé la mise en place d’un « Pacte 2030 » fondé sur la redevabilité mutuelle et l’alignement sur les priorités nationales, appelant à une coopération internationale renouvelée, centrée sur les besoins réels des populations.
Céleste Z.