La Fédération des entreprises du Congo (FEC), par la voix de son administrateur délégué, Thierry Ngoy Kasumba, exhorte les chauffeurs poids lourds de la ville de Kinshasa à suspendre sans délai la grève entamée depuis le 19 mai 2025. Cette grève, déclenchée à la suite d’une mesure de restriction horaire de circulation imposée par les autorités urbaines, a désormais des répercussions majeures sur l’ensemble de l’économie nationale.
Dans un communiqué parvenu à la rédaction d'Écomine.cd, la FEC souligne que si le mouvement social était à l’origine sectoriel, il a désormais pris une dimension transversale, perturbant les chaînes d’approvisionnement et impactant gravement les activités économiques dans plusieurs secteurs.
"La Fédération des entreprises du Congo (FEC) demande avec insistance, et pour la paix sociale, la levée immédiate de la grève, conformément au consensus trouvé lors de la réunion multipartite du 10 juin 2025, présidée par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, ainsi que l’application sans délai des mesures arrêtées, afin de sauvegarder le tissu économique national", a déclaré Thierry Ngoy Kasumba.
Le patronat congolais tient à rappeler qu’il ne s’agit pas d’un conflit opposant employeurs et employés. Bien au contraire, les transporteurs, souligne la FEC, ont toujours fait preuve de responsabilité dans leur conduite professionnelle.
La FEC affirme avoir activement participé aux discussions de crise, proposé des pistes de solution, accepté des compromis et manifesté une volonté constante de contribuer à une sortie de crise durable. Cependant, elle déplore le retard dans la mise en œuvre des engagements pris par les autorités.
"Malheureusement, malgré les consensus trouvés, les mesures à édicter sont toujours attendues et bloquent l’application des solutions convenues, mettant en péril tout l’équilibre économique du pays" a ajouté Kasumba.
Pour rappel, la mesure de restriction horaire de circulation des poids lourds dans la capitale, adoptée en mai par le gouverneur de Kinshasa en concertation avec le gouvernement central, vise à désengorger le trafic urbain. Toutefois, cette réorganisation logistique implique une transformation profonde des modèles économiques actuels, notamment par un passage à l’activité nocturne, encore peu développée dans le secteur du transport.
La FEC appelle donc à une levée responsable du mouvement, dans l’intérêt collectif, et à l’exécution rapide des décisions prises, pour éviter une détérioration supplémentaire du climat socio-économique.
Lovic-Benjamin Nsapu