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Vital Kamerhe sous pression : l’ODEP demande des comptes sur le dossier des 500 agents radiés du CPCE

Vital Kamerhe
Vital Kamerhe, Président de l'Assemblée nationale.

Plus de six mois après la radiation controversée de plus de 500 agents du Cadre Permanent de Concertation Économique (CPCE), l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) tire de nouveau la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié ce lundi, l’organisation de la société civile exige des clarifications immédiates sur le sort de ces fonctionnaires, victimes d’une décision jugée injuste, opaque et politiquement motivée.

Ces agents ont été écartés en novembre 2023, suite à une série d’arrêtés ministériels signés par Vital Kamerhe, alors Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie nationale, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale. Pour l’ODEP, cette radiation massive constitue un scandale administratif symptomatique d’une gouvernance défaillante.

« Ces agents, pour la plupart des pères et mères de famille, ont été jetés dans l’abandon total, sans mécanisme de recours, sans indemnisation, ni même une explication officielle de l’État », dénonce l’ODEP dans son communiqué.

Une gestion marquée par l’opacité et les passe-droits

Le CPCE, créé par décret présidentiel en 2001, avait pour mission de servir de plateforme de concertation entre les acteurs économiques du pays. Mais sa réorganisation brutale en novembre dernier, via les arrêtés ministériels n°25 à 29, a profondément bouleversé l'institution. Selon l’ODEP, cette manœuvre serait le fruit de pratiques de clientélisme, de népotisme et d’un usage politique de l’administration publique.

Vital Kamerhe, au cœur de ce dossier, est déjà connu pour son implication dans le controversé Programme des 100 jours du président Tshisekedi. L’ODEP rappelle que ce programme, censé symboliser un nouveau départ socio-économique, avait été gravement entaché par des allégations de détournements de fonds publics, de surfacturations et de violations des règles de passation des marchés.

Silence du gouvernement, colère de la société civile

Malgré les appels répétés au dialogue, notamment un communiqué conjoint publié en 2024 avec la Synergie des Organisations Syndicales et Sociales, aucune réponse officielle n’a été donnée aux agents radiés. Pour l’ODEP, ce silence est inacceptable et reflète un mépris profond pour les droits des citoyens.

L’organisation appelle à la solidarité de l’ensemble des fonctionnaires pour dénoncer une pratique qui pourrait, demain, frapper n’importe quel agent de l’État. Elle exhorte également la société civile à rester mobilisée, rappelant que la lutte contre la mauvaise gouvernance est un devoir collectif.

« La justice instrumentalisée contre les activistes pro-démocratie ne fera pas taire notre détermination à bâtir un État de droit », conclut le communiqué.

Un test pour les institutions congolaises

Ce dossier est devenu un test politique et institutionnel majeur pour la République Démocratique du Congo. À mesure que Vital Kamerhe renforce sa position au sein de l’appareil d’État, l’ODEP alerte sur le risque d’impunité systémique et de normalisation des abus de pouvoir dans la gestion publique.

Alors que le pays traverse une crise multidimensionnelle – économique, sociale et sécuritaire –, la réhabilitation des 500 agents du CPCE pourrait devenir un signal fort en faveur de la justice sociale, ou au contraire, un symbole de plus du dysfonctionnement de l’État.

Ecomine.cd