Dans un geste diplomatique d’envergure, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont signé vendredi à Washington une déclaration de principes engageante, sous le regard du Secrétaire d'État américain Marco Rubio, également signataire en qualité de témoin officiel. Cet accord marque un tournant dans les relations entre les deux voisins, historiquement tendues, en plaçant l’intégration économique et le développement durable au cœur de leur rapprochement.
Une coopération économique adossée à la stabilité
Le texte engage Kinshasa et Kigali à reconnaître mutuellement leur souveraineté et leur intégrité territoriale, tout en coordonnant leur réponse aux menaces sécuritaires. Les deux gouvernements s'engagent à lutter ensemble contre les groupes armés non étatiques opérant autour de leurs frontières, avec la perspective de créer un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire.
Au-delà de la sécurité, la feuille de route ambitionne de raviver la coopération économique régionale, considérée comme un levier essentiel pour transformer les zones de conflit en pôles de croissance partagée. Parmi les principaux axes de cette collaboration figurent :
- Le développement de chaînes de valeur minérales transparentes et traçables, de la mine au métal transformé, avec la participation d’investisseurs américains ;
- Le lancement ou l’extension de projets communs dans les domaines de l’énergie hydroélectrique, de la gestion des parcs nationaux et de la protection de l’environnement ;
- La réduction des risques liés aux chaînes d’approvisionnement en minerais, un enjeu stratégique pour l’industrie technologique mondiale.
Un soutien affirmé de la communauté internationale
En apposant sa signature, Marco Rubio a réaffirmé l’engagement des États-Unis en faveur de la pacification de la région des Grands Lacs et de la promotion d'investissements stratégiques. Washington entend favoriser un cadre « gagnant-gagnant » reposant sur la stabilité politique, la transparence économique et la souveraineté des États.
La déclaration prévoit également un soutien renforcé à la MONUSCO, aux mécanismes régionaux de maintien de la paix, ainsi qu’à la facilitation du retour volontaire et sécurisé des personnes déplacées, en partenariat avec les agences des Nations Unies.
Une échéance diplomatique décisive en mai
Les parties se sont engagées à soumettre, d’ici au 2 mai 2025, un projet d’accord de paix qui sera discuté à Washington lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères, sous l’égide du Département d’État américain. Un objectif clair est affiché : poser les fondations d’un pacte durable pour la stabilité et la prospérité en Afrique centrale.
Lovic-Benjamin Nsapu