ACTUALITE

ECONOMIE

ENVIRONNEMENT

ENQUETES

CORRUPTION

Mission 300 : une coalition internationale entend mobiliser 90 milliards de dollars américains pour électrifier 300 millions d'Africains d'ici 2030

Image
Image d'illustration.

Ce vendredi 20 septembre 2024, une coalition internationale, dirigée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), a annoncé un ambitieux programme visant à lever 90 milliards de dollars pour fournir de l’électricité à 300 millions d’Africains d’ici 2030. Ce programme, baptisé "Mission 300", a pour objectif d’accélérer l’électrification du continent africain, où près de 600 millions de personnes n'ont toujours pas accès à l'énergie.

Un soutien massif pour des infrastructures énergétiques vertes

Plusieurs acteurs majeurs de la lutte contre le changement climatique, dont la Fondation Rockefeller, la Global Alliance for People and Planet, associée à Jeff Bezos, et l’organisation Sustainable Energy For All, se sont unis pour créer un mécanisme d'assistance technique dédié à cette initiative. Cette structure aura pour mission d’évaluer et de sélectionner les projets capables de recevoir des financements, tout en accompagnant les gouvernements africains dans la mise en place des infrastructures énergétiques vertes.

Le programme mettra l’accent sur l’approvisionnement en énergie propre, notamment via des technologies telles que les mini-réseaux qui jouent un rôle crucial dans les zones isolées. En effet, ces solutions pourraient permettre d’atteindre des communautés rurales où les infrastructures énergétiques conventionnelles ne sont pas viables.

Des engagements financiers déjà solides

En avril dernier, lors des réunions de printemps de la Banque mondiale à Washington, cette dernière avait déjà promis un engagement de 25 milliards de dollars, tandis que la BAD avait annoncé une contribution de 5 milliards de dollars. Ces promesses de financement marquent un premier pas vers la réalisation de l'objectif de 90 milliards de dollars, qui sera renforcé lors des prochaines rencontres internationales. Parmi celles-ci, la réunion de l’Association internationale de développement prévue en décembre à Séoul, où de nouveaux engagements financiers devraient être pris. Un sommet spécial consacré à cette initiative se tiendra également en janvier 2025 à Dar es Salaam, en Tanzanie.

La coalition prévoit de mobiliser des ressources provenant de divers horizons : fonds publics, capitaux privés et dons philanthropiques. Parmi les soutiens potentiels, le Fonds Monétaire International (FMI) pourrait jouer un rôle clé, notamment par le biais de son Fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité. Ce fonds dispose d’une enveloppe de 100 milliards de dollars en droits de tirage spéciaux (DTS), destinés aux pays en développement. Ce mécanisme pourrait contribuer à soutenir des projets à fort impact sur la résilience énergétique de l’Afrique.

Des partenaires expérimentés pour un projet colossal

Mission 300 pourrait également s’inspirer des initiatives déjà menées par des acteurs tels que la Fondation Rockefeller et la Global Energy Alliance for People and Planet (GEAPP), qu’elle a co-créée en 2021 avec le Bezos Earth Fund et la Fondation Ikea. Ensemble, ces organisations ont déjà déployé une enveloppe initiale de 10 millions de dollars pour soutenir 15 projets dans 11 pays africains. Forts de cette expérience, ces partenaires comptent répliquer ces succès à plus grande échelle dans le cadre de Mission 300.

Alors que le continent africain est confronté à des défis colossaux en matière d’accès à l’énergie, Mission 300 pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la pauvreté énergétique. En promouvant l’électrification à grande échelle grâce à des solutions énergétiques durables, cette initiative vise à catalyser le développement économique et social en Afrique tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique.

Lovic-Benjamin Nsapu