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Taxe sur les smartphones et voitures électriques : L'appel de Samy Badibanga pour sauver l'Est de la RDC

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Samy Badibanga, ancien premier ministre.

L'ancien premier ministre de la République Démocratique du Congo (RDC), sous le régime Kabila, Samy Badibanga, lance un appel face à la situation tragique de l'Est du pays, ravagé par des décennies de conflit alimenté par le Rwanda pour la prédation des minerais. Il plaide pour l'instauration d'une taxe humanitaire internationale visant à financer le développement et la reconstruction de la RDC.

Depuis plus de trente ans, l'Est de la RDC est en proie à un conflit dévastateur alimenté par l'exploitation illégale de ses richesses minérales. Ces minerais, essentiels à la transition énergétique mondiale, sont souvent extraits dans des conditions inhumaines, exacerbant la crise humanitaire dans la région. Plus de 10 millions de personnes ont perdu la vie, 10 millions ont été déplacées et 25 millions vivent en insécurité alimentaire. La région compte également des milliers de femmes violées et des millions d'enfants privés d'éducation, souvent recrutés comme enfants soldats ou exploités dans les mines illégales.

Face à cette crise, la taxe humanitaire internationale sur les produits technologiques tels que les smartphones, les ordinateurs et les batteries de voitures électriques. Cette taxe serait destinée à un fonds de paix, financé également par des contributions volontaires d'États et de grandes entreprises impliquées dans la digitalisation et la transition énergétique. L'objectif est de mobiliser les ressources nécessaires pour la reconstruction des infrastructures en RDC, comme les écoles, les hôpitaux et les routes.

Badibanga souligne l'importance de cette initiative en déclarant " Les priorités du Nord et du Sud sont aujourd'hui divergentes. La priorité de la RDC est son propre développement durable à partir de ses richesses nationales". Il insiste sur le fait que ces richesses, qui soutiennent la transition énergétique mondiale, doivent également financer le développement du pays d'origine.

La situation dans l'Est de la RDC reste alarmante. Le plan humanitaire de l'ONU pour 2024, qui nécessite 2,6 milliards de dollars, peine à trouver son financement, reflétant l'ampleur de la crise. Badibanga appelle à des solutions pérennes pour atteindre trois objectifs simultanément : instaurer la paix et la sécurité, résoudre la crise humanitaire et reconstruire le pays.

Pour ce faire, il propose que l'exploitation, la commercialisation et la transformation des minerais se fassent en RDC plutôt que dans les pays voisins. Cette approche vise à repenser l'ensemble de la chaîne de responsabilité et de valeur, impliquant les sociétés internationales et les consommateurs, afin de transformer les « minerais de sang » en « minerais de paix ».

En conclusion, Samy Badibanga met en avant l'urgence d'agir pour que les richesses naturelles de la RDC contribuent à son développement durable et à la reconstruction du pays, marquant ainsi une transition des minerais de sang vers les minerais de développement.

Célestin Zeula