Se félicitant pour la première audience de la Cour des comptes en matière de discipline budgétaire et financière tenue le 07 mai dernier, l'Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a récemment, dans un communiqué de presse lancé un plaidoyer en faveur de l'extension des pouvoirs de la Cour des comptes afin de permettre à cette institution de juger les ordonnateurs politiques. Selon l'ODEP, cette mesure est essentielle pour renforcer la lutte contre la corruption au sein de l'appareil d'État.
" La machine répressive de la Cour des comptes ayant été ainsi mise en marche, il serait souhaitable que, pour permettre à cette institution financière de combattre efficacement la corruption, de l’habiliter à poursuivre et à juger les ordonnateurs politiques que sont notamment les ministres, les responsables des institutions parlementaires ainsi que les Gouverneurs des provinces et leurs ministres, qui jusqu’ici échappent à sa juridiction", renseigne le communiqué de l'ODEP
Et de poursuivre
" Les fautes de gestion les plus compromettantes sont commises par cette catégorie de gestionnaires. La loi organique de la Cour des comptes doit être revue pour permettre à la Cour des comptes de poursuivre et de juger les ordonnateurs politiques, de bloquer les comptes bancaires des auteurs des irrégularités graves de gestion et de leur interdire de sortir du territoire national, sans passer par leurs autorités hiérarchiques."
Actuellement, la Cour des comptes est chargée de contrôler la régularité des comptes publics, mais elle n'a pas le pouvoir de juger les ordonnateurs politiques qui sont souvent impliqués dans des affaires de corruption. L'ODEP estime que cette lacune dans le système judiciaire permet à certains responsables politiques de commettre des actes répréhensibles en toute impunité.
En plaidant pour l'extension des pouvoirs de la Cour des comptes, l'ODEP espère que cette institution pourra jouer un rôle plus actif dans la lutte contre la corruption en sanctionnant directement les ordonnateurs politiques responsables de malversations financières. Cette mesure contribuerait à renforcer la transparence et l'intégrité au sein de l'appareil d'État et enverrait un message fort selon lequel la corruption ne sera pas tolérée.
L'ODEP appelle donc les autorités compétentes à prendre en considération cette proposition afin de renforcer l'arsenal juridique de lutte contre la corruption. Selon l'organisation, l'extension des pouvoirs de la Cour des comptes constituerait une avancée significative dans la promotion d'une gouvernance publique plus éthique et responsable.
Lovic-Benjamin Nsapu