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Flambée des cours du Cacao : la Côte d'Ivoire et le Ghana font face à une mauvaise récolte, les producteurs de la RDC, du Cameroun et du Nigeria en profitent

Cacao
Photo d'illustration.

La Côte d'Ivoire et le Ghana, qui sont les deux plus grands producteurs de cacao au monde, font actuellement face à une mauvaise récolte. Cette situation préoccupante a des répercussions sur l'approvisionnement mondial en cacao et crée une opportunité pour d'autres pays producteurs tels que le Cameroun, le Nigeria et la République démocratique du Congo.

Les raisons de la mauvaise récolte en Côte d'Ivoire et au Ghana peuvent être attribuées à plusieurs facteurs. Tout d'abord, les conditions météorologiques défavorables, telles que des sécheresses prolongées et des pluies excessives, ont affecté la santé des plantations de cacao. De plus, des maladies des plantes, telles que la pourriture des cabosses et la maladie du swollen shoot, ont également contribué à la diminution des rendements.

Cette situation a un impact significatif sur les cultivateurs de cacao en Côte d'Ivoire et au Ghana. Malgré l'augmentation des prix du cacao sur le marché mondial, les agriculteurs de ces pays ne parviennent pas à tirer pleinement profit de cette situation en raison de la faible productivité de leurs cultures. Cela engendre des difficultés économiques pour les producteurs locaux, qui dépendent largement de la culture du cacao pour leur subsistance.

Cependant, cette mauvaise récolte offre une opportunité aux producteurs du Cameroun, du Nigeria et de la République démocratique du Congo. Ces pays ont vu leur production de cacao augmenter ces dernières années, ce qui leur permet de répondre à la demande croissante sur le marché mondial. Les agriculteurs de ces régions bénéficient de prix plus élevés pour leur cacao et sont en mesure de profiter de cette situation pour développer leur économie locale.

La RDC Immense pays, mais encore petit dans le cacao

la République démocratique du Congo n'en voit pas moins affluer plein de nouveaux acheteurs en mal de fèves. « De plus en plus, il y a des acheteurs qui n’étaient pas présents en RDC mais qui commencent à venir », constate Séraphine Ntumba, qui appuie les producteurs de cacao de la région du mai Ndombé et du Kongo central, dans l’ouest de la RDC, pour l’ONG Trias, tout en indiquant que la RDC a l’opportunité de présenter la bonne qualité de son caca  pour bénéficier des prix qui augmentent. 

Le kilo de fèves, qui rapportait au maximum 2,5 dollars aux producteurs de ces coopératives congolaises l’an dernier, a plus que doublé, et l’intégralité de leurs 200 tonnes a été vendue.

 " Les coopératives qu’on accompagne ont la facilité maintenant d’écouler leur produit à temps et donc ça ne traine pas dans les dépôts, c’est acheté avant même d’être produit… Le dernier lot partant ce mois-ci, les acheteurs de cacao auprès de ces coopératives congolaises devront désormais attendre les fèves de la récolte principale, à partir d’août et septembre prochains" s'est félicitée Séraphine Ntumba, à la conférence mondiale de Bruxelles sur le Cacao.

Au regard des tendances actuelles sur le marché du Cacao, la République Démocratique du Congo est tenue à mettre en place des politiques agricoles efficaces pour augmenter sa production en fèves et s'installer confortablement dans le classement des grands explorateurs mondiaux du Cacao.

Benjamin Nsapu