La société Milvest, filiale de Miller Holding va investir 1,2 milliard de dollars américains dans le cadre du projet de construction du nouvel aéroport international de N’djili à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo (RDC).
Les travaux de construction de l’aéroport international de N’djili se feront suivant le modèle de partenariat public-privé « Build–operate–transfer » (BOT). Et le délai du contrat de concession du service public à Milvest est fixé à 29 ans. C'est-à-dire pendant 29 ans la filiale Turque va récupérer ses 1,2 milliard investi avec des bénéfices estimés en milliards.
Pour Noël Tshiani, Professeur d'économie et candidat malheureux à la dernière Présidentielle en RDC, ce contrat octroyé à l'entreprise turque Milvest, dépasse largement les normes habituelles en termes de durée et de montant financier. À l'en croire, une concession et un contrat exclusif de gestion de 29 ans pour la construction et l'exploitation de l'aéroport semblent excessifs et démesurés dans un pays où la stabilité politique et économique reste fragile.
"Un contrat de 1,2 milliards de dollars américains sur 29 ans sort du cadre des affaires courantes dont devrait s’occuper le gouvernement démissionnaire actuel", a-t-il fait savoir.
Tshiani met en lumière le fait que l'engagement sur une période de 29 ans dépasse de loin ce qui est raisonnable.
"Dans un pays où les changements politiques et économiques peuvent être rapides et imprévisibles, un tel contrat verrouillant les opérations aéroportuaires pour presque trois décennies semble être une décision précipitée et potentiellement dommageable pour l'intérêt public", dit-il.
La nécessité de réexaminer et de renégocier ce contrat pour le ramener à une durée plus raisonnable, comme le suggère Tshiani, est primordiale. Une période de 15 ans, par exemple, serait plus en phase avec les standards internationaux et permettrait une meilleure adaptation aux éventuels changements économiques, technologiques et politiques.
En outre, Tshiani estime que la transparence dans le processus d'attribution de ce contrat est d'une importance capitale et il est impératif que les détails financiers et opérationnels de l'accord soient rendus publics afin que les citoyens congolais puissent comprendre pleinement les implications de cette décision sur l'économie nationale et sur leur vie quotidienne.
Build–operate–transfer (BOT) ou build–own–operate–transfer (BOOT) est une méthode de livraison de projet, généralement pour les projets d’infrastructure à grande échelle, dans laquelle une entité privée reçoit une concession du secteur public (ou du secteur privé en de rares occasions) pour financer, concevoir, construire, posséder et exploiter une installation mentionnée dans le contrat de concession. Cela permet au promoteur du projet de récupérer ses dépenses d’investissement, d’exploitation et d’entretien dans le projet.
Le BOT est généralement un modèle utilisé dans les partenariats public-privé. En raison de la nature à long terme de l’accord, les redevances sont généralement augmentées pendant la période de concession. Le taux d’augmentation est souvent lié à une combinaison de variables internes et externes, permettant au promoteur d’atteindre un taux de rendement interne satisfaisant pour son investissement.
La vision de Milvest est celle d’être un leader dans tout secteur dans lequel il décide d’investir, afin de contribuer au développement de la République Démocratique du Congo (RDC) par la réalisation d’infrastructures modernes et d’investissements utiles à la modernisation du pays.
Célestin Zeula